Le spritz, cet apéritif que tout le monde rate en mettant trop d’Aperol

Il y a un moment très précis, vers 19h en août, où la moitié d’une terrasse commande la même chose. Ce verre orange fluo avec sa rondelle et ses glaçons, vous le connaissez par cœur. Sauf que la plupart des spritz servis sont ratés, et souvent chez vous aussi.

Le spritz vient de loin. L’Aperol, lui, naît à Padoue en 1919, mis au point par les frères Barbieri après sept ans de bricolage. Leur idée était plutôt maligne pour l’époque : un apéritif léger, autour de 11 degrés, deux fois moins costaud que les amers italiens qui régnaient alors, genre le Campari et ses 25 degrés. Un truc qu’on peut boire à l’apéro sans finir sur les rotules avant le dîner. Le nom, d’ailleurs, viendrait tout bêtement de notre « apéro » à nous.

Le mariage avec le prosecco et l’eau gazeuse, lui, n’arrive vraiment que dans les années 1950, dans les bars de Vénétie. Et le vrai décollage mondial, c’est 2003, quand Campari rachète la marque et décide d’en faire le cocktail de l’été sur toute la planète. Bien joué.

Maintenant, la recette. Elle tient en trois chiffres qu’on oublie systématiquement : 3-2-1. Trois parts de prosecco, deux d’Aperol, une d’eau gazeuse. Dans cet ordre, et surtout dans ces proportions. L’erreur classique, c’est de noyer le verre d’Aperol parce que la couleur est jolie. Résultat, ça devient sucré, épais, écœurant au troisième. Le prosecco doit dominer, l’Aperol vient juste colorer et amèriser un peu.

Aperol Apéritivo, 1L

Pour respecter le fameux 3-2-1 sans tricher, il faut déjà avoir la bonne bouteille sous la main :

Aperol Apéritivo, 1L → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le reste, c’est du bon sens. Un grand verre à vin, plein de glaçons (vraiment plein, ça fond moins vite et ça dilue moins), une belle rondelle d’orange, et on verse le prosecco en dernier pour garder les bulles. Pas de paille, pas de fioritures.

Et si l’Aperol vous semble trop doux, sachez qu’il existe une école entière du spritz. Le Select à Venise, le Cynar plus végétal et amer, le Campari pour les palais qui aiment que ça pique. Vous avez le droit de trahir l’orange fluo.

Bref, la prochaine fois, comptez vos parts avant de servir. Un bon spritz, ça se rate à cause d’un chiffre, pas d’un ingrédient.

Crédit photo : Geolina163 (CC BY-SA 4.0)