Léa Seydoux se réveille dans un corps d’homme, et Arthur Harari signe le film le plus étrange de la rentrée
Vous connaissez Arthur Harari sans le savoir. C’est lui qui a co-écrit Anatomie d’une chute, le procès conjugal qui a raflé la Palme d’or en 2023 et l’Oscar du scénario dans la foulée. Avant ça, il avait réalisé Onoda, l’histoire de ce soldat japonais qui refuse de croire que la guerre est finie et tient la jungle pendant presque trente ans. Autant dire qu’il ne fait rien comme tout le monde.
Son nouveau film s’appelle L’Inconnue, et il débarque en salle le 26 août, distribué par Pathé. Il sort de la compétition officielle de Cannes, où il figurait parmi les prétendants à la Palme. Deux heures vingt au compteur, ce n’est pas une petite séance.
Le pitch, maintenant, parce qu’il est franchement bizarre. David Zimmerman a presque quarante ans, il est photographe mais personne ne le sait, et il ne sort quasiment jamais de chez lui. Des amis le traînent de force dans une fête un peu folle. Là, il repère une femme dans la foule, n’arrive plus à en détacher le regard, la suit. Au milieu de la nuit, tout bascule. Il se réveille dans le corps de l’inconnue.
La BD dont le film est tiré, à dévorer avant la salle :
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À partir de là, Harari mélange tout ce qu’il aime : la chronique urbaine bien réaliste, l’enquête, le mélodrame et un côté rêverie franchement inclassable. Les critiques passées par Cannes parlent de réalisme fantastique, ce qui veut à peu près dire qu’on ne sait jamais sur quel pied danser. Léa Seydoux et Niels Schneider portent l’affaire, et vu le matériau, ils avaient intérêt à être précis.
Ce qui m’intrigue, c’est le pari. Un film de body swap, sur le papier, ça sent la comédie américaine des années 80. Sauf que là, c’est écrit par le type le plus fin du cinéma français du moment, avec son frère Lucas et Vincent Poymiro à ses côtés. Le corps qui change, le regard des autres qui se déplace, l’identité qui vacille : il y a de quoi faire mieux qu’un gag. Et l’histoire ne sort pas de nulle part : elle vient de la bande dessinée Le cas David Zimmerman, signée Lucas Harari et parue chez Sarbacane fin 2024, un pavé de 350 pages à lire avant ou après selon qu’on aime être spoilé.
Si vous aimiez le vertige d’Anatomie d’une chute, celui où on ne tranche jamais vraiment, c’est très probablement votre rendez-vous de fin août. Prévoyez juste de ne rien avoir à faire après : deux heures vingt à ruminer un tel truc, ça ne se digère pas sur le trottoir.
Crédit photo : Pathé
