Netflix enferme une famille dans sa propre maison, et Louis Leterrier vous laisse chercher la sortie pendant 1h50

Une maison qui se referme sur vous, sans une explication, sans une porte qui s’ouvre. C’est tout le programme du Dernier Refuge, arrivé sur Netflix le 7 août. Louis Leterrier, oui, celui du Transporteur, d’Insaisissables et de la série Lupin, change complètement de terrain de jeu. Fini les cascades et les braquages à grand spectacle. Cette fois il enferme une famille de quatre personnes entre quatre murs, et il regarde ce qu’il en reste quand tout se resserre.

Le pitch tient en une phrase. Un matin, plus moyen de sortir. Les fenêtres ne cèdent pas, les portes refusent de se dégonder, les murs renvoient les coups. Le père, joué par Wagner Moura, la mère, incarnée par Greta Lee, et leurs deux enfants doivent rationner l’eau, la nourriture et leurs nerfs, tout en essayant de comprendre ce qui les retient prisonniers. Un huis clos de science-fiction qui vire par moments à l’angoisse pure, tourné pour de vrai en décors, en partie en pellicule 35 mm, avec des effets concrets plutôt que des fonds verts à rallonge. Ça se sent à l’écran.

Le vrai atout du film, c’est son duo. Greta Lee, révélée par Past Lives, joue tout en retenue nerveuse. Wagner Moura, l’inoubliable Pablo Escobar de Narcos et prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes, apporte une gravité qui empêche l’ensemble de basculer dans le simple film de frousse. À eux deux, ils portent presque tout, puisque le décor, lui, ne bouge quasiment jamais.

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Le Dernier Refuge se savoure tard, volets fermés : autant se monter un vrai coin cinéma à la maison.

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Alors, est-ce que ça tient sur la longueur ? Pas tout à fait. Les critiques sont partagées et je les rejoins assez. Le concept est génial pendant la première heure, la tension grimpe, on marche à fond. Sauf que voilà, le film finit par vouloir expliquer son mystère, et c’est souvent là que ce genre d’histoires se saborde. La dernière ligne droite déçoit, comme si l’idée valait mieux que sa résolution. Rien de honteux. On reste quand même un peu sur sa faim.

Netflix a soigné le lancement, avec un homme installé pour de bon dans un panneau publicitaire de Sunset Boulevard, à Los Angeles, histoire de rendre l’enfermement bien réel. Plutôt malin.

Pour qui, du coup ? Si vous aimez les huis clos qui jouent sur la claustrophobie plus que sur le gore, et que 1h50 les yeux rivés sur une seule maison ne vous font pas peur, foncez. Ce n’est pas le grand film de l’été. C’est un bon thriller d’ambiance à regarder tard, volets fermés. Ce qui, pour le coup, tombe plutôt bien.

Crédit photo : Netflix