De la Comédie-Française filme les trois heures de panique avant le lever de rideau

Il y a des soirs où tout se joue en coulisses, bien avant que le public s’installe. C’est exactement là que Bertrand Usclat et Martin Darondeau plantent leur caméra, dans un film qui sort le 22 juillet et qui tient sur une idée toute simple: rester coincé dans les couloirs de la Comédie-Française pendant les trois heures qui précèdent une première.

Le pitch tient sur un fil. Nina, jouée par Pauline Clément, s’apprête à dévoiler sa toute première mise en scène, un Macbeth, dans la maison la plus prestigieuse du théâtre français. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Retards, bug technique, ego qui débordent, un décor qui refuse de coopérer. Et par-dessus tout, cette règle d’or maison qu’on lui rappelle sans arrêt: ici, on n’annule jamais une représentation. Jamais.

Le film dure 1h15, pas une minute de plus, et il se déroule quasiment en temps réel. Vous vivez la montée de stress à la même vitesse que la troupe, ce qui donne à l’ensemble un rythme de comédie nerveuse assez jouissif.

Le vrai coup de génie, c’est le casting. Usclat, que vous connaissez peut-être pour ses sketchs de Broute, a réussi à embarquer une belle brochette de comédiens de la Comédie-Française, qui viennent camper des rôles dans leur propre maison. Guillaume Gallienne en agent de sécurité obsédé par le règlement, ça vaut le détour à lui seul. Et autour de lui, on croise Marina Hands, Laurent Stocker, Denis Podalydès, Benjamin Lavernhe, Danièle Lebrun. Du beau monde qui accepte de se moquer gentiment de sa propre institution.

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Le film tourne autour d’un Macbeth monté à la Comédie-Française. Envie de (re)lire la pièce avant la séance ?

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Ce genre de film aurait pu tomber dans l’entre-soi théâtral, le clin d’oeil réservé aux initiés. Il évite le piège. On rit des égos, des petites lâchetés, de la panique très humaine qui saisit tout le monde quand l’horloge tourne, et pas besoin d’avoir jamais mis les pieds salle Richelieu pour comprendre ce qui se joue.

Le public de l’Alpe d’Huez ne s’y est pas trompé. Au festival du film de comédie, cette année, De la Comédie-Française est reparti avec quatre prix, dont celui du jury et celui du public. Un record pour un seul film. Standing ovation à la fin de la projection, quand même.

Si vous cherchez une comédie française qui carbure sans temps mort et qui sait exactement où elle va, c’est clairement le bon plan de la semaine. À voir à partir du 22 juillet.

Crédit photo : AlloCiné