Fête de la musique : pourquoi le 21 juin reste un rendez-vous à part

Chaque 21 juin, la France se transforme en scène géante. Des groupes amateurs sur les places, des chorales devant les églises, des platines improvisées au coin des rues : la Fête de la musique a plus de quarante ans et elle n’a pas pris une ride. Le principe n’a pas bougé depuis 1982. Tout est gratuit, tout le monde peut jouer, tous les styles sont les bienvenus. Chaque coin de rue peut devenir un concert, et l’événement rassemble chaque année plusieurs millions de spectateurs.

L’histoire mérite d’être racontée. Dans les années 1970, Joël Cohen, luthiste passé par France Musique, imagine des « saturnales musicales » en juin et en décembre. L’idée dort quelques années avant que Maurice Fleuret, alors directeur de la Musique et de la Danse, ne la reprenne avec Jack Lang. Le constat de départ tient en une phrase : la France compte cinq millions de musiciens, autant les faire jouer dehors. La première édition est lancée le 21 juin 1982 sous l’impulsion du ministère de la Culture. Succès immédiat.

Depuis, le rendez-vous a largement dépassé nos frontières. Exportée à partir de 1985, la fête se célèbre aujourd’hui dans 120 pays, sous des noms qui changent selon la langue : Make Music Day au Royaume-Uni, Fiesta de la Musica en Espagne, Swieto Muzyki en Pologne. Pas mal pour une idée née dans un bureau parisien.

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Côté organisation, les villes jouent le jeu. À Paris, le métro roule toute la nuit pour absorber la foule. Lyon et Lille étendent aussi leurs services de transport, histoire que chacun rentre sans galérer. Le ministère de la Culture organise de son côté ses propres concerts au Palais-Royal, où se croisent artistes confirmés et jeunes talents. Et les médias suivent le mouvement : télévision, radio, presse et plateformes en ligne diffusent concerts, reportages et émissions spéciales toute la soirée.

Ce qui fait le charme de cette nuit-là, c’est son absence totale de filtre. Le conservatoire voisine avec le groupe de garage, la fanfare municipale avec le rappeur du quartier. Personne ne juge, personne ne paie. On passe d’une scène à l’autre, on s’arrête devant ce qui plaît, on file plus loin quand ça ne le fait pas. Aucune hiérarchie, aucune restriction, juste l’envie partagée de faire et d’écouter de la musique sous toutes ses formes.

Du coup, si vous hésitez encore à sortir votre guitare ou votre clavier le 21 juin, lancez-vous. Des millions de gens seront dans la rue ce soir-là précisément pour vous écouter. C’est exactement pour ça que cette fête a été inventée.

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