Soja : ce que dit vraiment le rapport de l’Anses
Le soja a longtemps eu bonne presse. Alternative aux protéines animales, allié des régimes végétariens, il s’est installé partout : boissons végétales, steaks, desserts, tofu. Sauf que voilà : un rapport récent de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), relayé par 60 Millions de consommateurs, vient nuancer le tableau. En cause, les isoflavones, des composés naturels présents en forte concentration dans le soja et dont la structure ressemble à celle des œstrogènes, nos hormones.
Ces molécules végétales peuvent interagir avec le système hormonal humain. Dans certains contextes, comme la ménopause, elles peuvent même rendre service. Le problème concerne surtout les femmes enceintes, les enfants et les femmes en âge de procréer : chez ces publics sensibles, dépasser 0,6 à 1,2 mg d’isoflavones par jour peut perturber l’équilibre hormonal, selon l’agence.
Or une simple portion de boisson végétale, de steak de soja ou de dessert peut en contenir plusieurs milligrammes. Et le pire, c’est qu’on ne le sait pas : la teneur en isoflavones ne figure presque jamais sur les emballages. Difficile, du coup, de surveiller sa consommation quand l’information n’existe nulle part. C’est exactement ce qui inquiète les experts. L’Anses réclame un étiquetage clair et une révision des procédés de fabrication pour faire baisser la concentration de ces composés dans les produits finis.
Si vous restez sur une consommation modérée, autant choisir une boisson au soja bio et sans sucres ajoutés.
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La restauration collective est aussi dans le viseur. L’agence conseille de ne pas servir de plats à base de soja aux jeunes enfants, plus vulnérables aux effets hormonaux. Les cantines vont donc devoir revoir certains menus, ce qui ne sera pas une mince affaire vu la place que le soja a prise dans les alternatives végétariennes.
Faut-il pour autant bannir le lait de soja et le tofu de sa cuisine ? Non. Les chercheurs eux-mêmes nuancent leurs avertissements : les risques apparaissent surtout en cas de consommation élevée et prolongée. Une consommation modérée reste parfaitement compatible avec une alimentation équilibrée, et le soja garde de vraies qualités nutritionnelles, à commencer par sa richesse en protéines.
En clair, le soja n’est ni un poison ni un aliment miracle. Si vous en consommez à tous les repas sous toutes ses formes, c’est le moment de varier vos sources de protéines. Si vous en buvez un verre de temps en temps, aucune raison de paniquer. Et gardez un œil sur les plus jeunes de la maison. En attendant un étiquetage digne de ce nom, la modération reste la meilleure parade.
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