Emilia Pérez : la razzia de Jacques Audiard aux Golden Globes 2025
Le 5 janvier 2025, à Beverly Hills, le cinéma français a posé un genou sur la moquette rouge des Golden Globes et raflé tout ce qu’il pouvait. Au centre de la fête : Emilia Pérez, le film de Jacques Audiard. Avec quatre statuettes, il signe le plus gros score de cette 82e édition. Pas mal pour un thriller musical en espagnol tourné par un réalisateur français.
Le palmarès du film est large. Emilia Pérez décroche le prix du meilleur film en langue étrangère et celui de la meilleure comédie musicale. Zoe Saldaña gagne le trophée de la meilleure actrice dans un second rôle, et le film ajoute la meilleure chanson originale. Quatre prix, c’est le record de la soirée, et ça vaut mieux qu’un long discours sur la santé du cinéma hexagonal.
Pour ceux qui ont raté le phénomène : Emilia Pérez raconte l’histoire d’un chef de cartel mexicain qui veut tout quitter, sa vie d’avant et son corps, pour devenir la femme qu’il a toujours voulu être. Audiard en fait un objet hybride, à la fois polar, mélo et comédie musicale, avec des numéros chantés en plein milieu de l’action. Le genre de pari qui peut s’écraser au sol. Là, ça décolle.
Audiard n’a pas gagné le prix du meilleur réalisateur ce soir-là, contrairement à ce qu’on a pu lire ici ou là. Mais il repart avec un film couronné quatre fois, ce qui reste la plus belle ligne du palmarès. Et son nom, à 72 ans, continue de circuler dans les conversations d’Hollywood, lui qui avait déjà la Palme d’or de Dheepan dans sa besace.
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Le reste de la soirée a aussi souri à la France. Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau, coproduction française réalisée par le Letton Gints Zilbalodis, a remporté le prix du meilleur film d’animation. Un petit film sans dialogue, fait avec des moyens modestes, qui s’est offert le luxe de battre les gros studios américains sur leur propre terrain.
Côté actrices, Demi Moore a créé la surprise en remportant le prix de la meilleure actrice dans un film dramatique pour The Substance, le film de la réalisatrice française Coralie Fargeat. Encore une signature française derrière une récompense majeure. Ça commence à faire beaucoup pour une seule cérémonie.
Ce qu’il faut retenir, c’est moins le cocorico que la diversité des projets récompensés. Un musical sur la transidentité et les cartels, un film d’animation muet sur un chat, un body horror féministe. Trois films qui n’ont rien à voir entre eux, sauf une certaine idée du risque. Les Golden Globes 2025 auront surtout montré que le cinéma porté par des Français sait encore prendre des chemins de traverse, et que ça paie. Reste à voir ce que donnera la suite, du côté des Oscars.
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