Angoulême 2025 : la sélection BD à surveiller de près

Le rendez-vous est calé. Du 30 janvier au 2 février 2025, Angoulême se transforme une fois de plus en capitale mondiale de la bande dessinée pour sa 52e édition. Quatre jours où la ville se couvre de bulles, où les files de dédicaces s’étirent et où le neuvième art se prend, l’espace d’un week-end, pour le centre du monde. Et comme chaque année, le vrai nerf de la guerre, c’est la sélection.

Cette année, les comités ont retenu 84 albums et publications, répartis en six sélections distinctes. Il y a la Sélection officielle, la Jeunesse, le Patrimoine, la Bande dessinée alternative, le Fauve Polar SNCF Voyageurs et l’Éco-Fauve RAJA. Pour concourir, un album devait être paru en français entre le 1er décembre 2023 et le 30 novembre 2024. Autant dire que c’est une photographie de l’année écoulée.

Dans la sélection officielle, quelques titres font figure de favoris déclarés. Le plus attendu est sans doute « La Route » de Manu Larcenet, chez Dargaud, son adaptation au fusain du roman post-apocalyptique de Cormac McCarthy. Un objet noir, âpre, salué dès sa sortie comme l’un des sommets de l’année. À côté, on retrouve Blutch avec « Les Indomptés » (Lucky Comics), Guy Delisle et son « Pour une fraction de seconde » (Delcourt), ou encore Alix Garin avec « Impénétrable » (Le Lombard).

La liste réserve aussi de belles surprises. Luz, l’ancien de Charlie Hebdo, signe « Deux Filles nues » (Albin Michel). La Suédoise Liv Strömquist revient avec « La Pythie vous parle » (Rackham), toujours aussi mordante. Côté manga, le quarante-deuxième et ultime tome de « Berserk » (Glénat) tire sa révérence. Et le duo Serge Lehman et Frederik Peeters poursuit son polar de petite ville avec « Saint-Elme t. 5 » (Delcourt).

La Route — Manu Larcenet

Le grand favori de la sélection ? Son adaptation de McCarthy se savoure sur papier.

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Les autres sélections valent largement le coup d’œil. L’Éco-Fauve RAJA, qui récompense la BD engagée sur l’environnement, met en avant Jérémie Moreau avec « Alyte » ou Philippe Squarzoni qui adapte le penseur Bruno Latour dans « Zone critique ». Le Fauve Polar, lui, aligne du lourd, comme « The Good Asian » (Komics Initiative) ou « Phantom Road » de Jeff Lemire (Panini). Quant au Patrimoine, il exhume des trésors comme Lynda Barry, Alex Toth ou Raymond Briggs et son glaçant « Quand souffle le vent ».

La jeunesse n’est pas oubliée, avec une sélection touffue où l’on croise « La Cuisine des ogres » de Vehlmann et Andreae (Rue de Sèvres), le très drôle « Elliot au collège » de Théo Grosjean (Dupuis) ou « Chaton mignon » (Gallimard). De quoi donner le goût des cases aux plus jeunes lecteurs.

Au-delà de la compétition, le festival reste une grande fête. Expositions monographiques, rencontres d’auteurs, ateliers, concerts dessinés et stands d’éditeurs où dénicher l’édition limitée qu’on n’avait pas vue venir. C’est aussi ça, Angoulême : un endroit où le hasard d’une dédicace peut vous faire découvrir un auteur dont vous n’aviez jamais entendu parler.

Reste à voir qui repartira avec le Fauve d’or, le prix du meilleur album. Mais avec une telle sélection, le verdict s’annonce serré. Et de toute façon, la vraie victoire, c’est d’avoir une pile de BD à rattraper en rentrant.

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