Quatre romanciers italiens à lire pour comprendre l’Italie d’aujourd’hui

La littérature italienne ne se résume pas à ses grands classiques. Sa scène contemporaine déborde de voix singulières, capables de raconter à la fois l’intime et toute une société en mouvement. Voici quatre auteurs à découvrir pour entrer dans l’Italie d’aujourd’hui, ses villes, ses montagnes, ses fractures sociales.

On commence forcément par Elena Ferrante, devenue une énigme autant qu’une star mondiale. Personne ne connaît son vrai visage, elle écrit sous pseudonyme et n’a jamais levé le voile. Mais peu importe, ce qui compte c’est l’œuvre. Sa saga napolitaine, ouverte avec « L’amie prodigieuse », suit deux amies depuis l’enfance dans un quartier pauvre de Naples, sur fond d’Italie qui se transforme. Ferrante y parle d’amitié féminine, de classes sociales, de la difficulté à devenir soi. Ses personnages sont d’une justesse rare, et on referme rarement ses livres indemne. Si vous ne deviez en lire qu’un, ce serait celui-là.

Changement total de décor avec Paolo Cognetti, qui écrit la nature et la solitude comme peu savent le faire. Son style est sobre, presque dépouillé, et il emmène souvent ses lecteurs en haute montagne. Avec « Les huit montagnes », qui lui a valu le prestigieux prix Strega, il raconte une amitié d’hommes en quête de simplicité et de sens, loin de l’agitation des villes. C’est une lecture qui apaise et qui résonne fort avec cette envie de ralentir et de revenir à l’essentiel que beaucoup partagent aujourd’hui.

L'amie prodigieuse, Elena Ferrante

Le premier tome de la saga napolitaine, la meilleure porte d’entrée dans la littérature italienne contemporaine.

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Niccolò Ammaniti, lui, joue sur un autre registre, plus sombre mais traversé d’humour et de tendresse. Dans « Je n’ai pas peur », il nous plonge dans une Italie rurale écrasée de chaleur, vue à hauteur d’enfant, autour d’un terrible secret. Ammaniti excelle à mêler l’absurde et l’émotion, et à dresser au passage un portrait critique de la société italienne. Sa plume peut choquer, mais elle vise toujours juste quand il s’agit de fragilité humaine et de courage.

Enfin, Valeria Parrella apporte une voix engagée et frontale. Elle s’attaque sans détour aux réalités sociales de l’Italie d’aujourd’hui, la précarité, la place des femmes, les laissés-pour-compte. Dans « Almarina », elle suit une enseignante et un jeune migrant au sein d’une prison pour mineurs. Son écriture est directe, pudique et bouleversante à la fois, et elle donne de la voix à des existences ordinaires qu’on entend rarement.

Quatre univers, quatre manières de regarder un même pays. Que vous aimiez les grandes sagas, les récits de nature, les histoires noires ou la littérature sociale, l’un de ces auteurs vous tend la main. Et une fois entré dans l’Italie contemporaine, difficile de ne pas avoir envie d’y rester.

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