Pushing Daisies, la série culte que tout le monde a oubliée
Il y a des séries qui passent et qu’on oublie, et puis il y a Pushing Daisies. Diffusée entre 2007 et 2009, imaginée par Bryan Fuller, elle n’a tenu que deux saisons avant d’être annulée. Et pourtant, presque vingt ans plus tard, elle continue de se transmettre entre passionnés comme un petit trésor qu’on se refile à voix basse. Si vous êtes passé à côté, c’est le moment de réparer ça.
L’histoire tient sur une idée toute simple et complètement folle. Ned est pâtissier, et il a un don : d’un seul contact, il ramène les morts à la vie. Sauf que rien n’est gratuit. Si le ressuscité reste en vie plus d’une minute, quelqu’un d’autre meurt à sa place. Et s’il le touche une seconde fois, c’est la mort définitive. Quand Ned ramène à la vie Chuck, son amour d’enfance, le couple se retrouve condamné à ne jamais se toucher. Toute la série tient dans cette tension douce-amère, entre amour impossible, enquêtes policières et humour décalé.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’image. Pushing Daisies ressemble à un conte de fées filmé, quelque part entre Tim Burton et un livre pour enfants. Les couleurs claquent, les décors sont volontairement artificiels, les costumes ont des allures de dessin animé. Chaque plan donne l’impression d’un tableau un peu trop coloré pour être vrai, ce qui crée un contraste savoureux avec des thèmes pourtant sombres : la mort, le deuil, les regrets. Cette manière de parler de choses graves avec une légèreté de bonbon, c’est toute la signature de la série.
Pour (re)voir la serie dans toute sa folie visuelle, le coffret reste le plus simple.
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Les personnages font le reste. Lee Pace campe un Ned timide et touchant, Anna Friel donne à Chuck une énergie solaire malgré sa drôle de situation. Autour d’eux gravitent un détective privé bougon, Emerson Cod, et Olive Snook, serveuse secrètement amoureuse de Ned, qui apporte sa dose de comédie. Tous ont une vraie épaisseur, des failles, des histoires personnelles qui s’entremêlent au fil des épisodes. On s’attache vite, et c’est peut-être ce qui rend l’annulation aussi frustrante.
Le ton, enfin, est un numéro d’équilibriste. La série jongle en permanence entre le rire et la mélancolie, portée par la voix off de Jim Dale, à la fois tendre et farfelue, qui raconte cet univers comme on lirait une fable. On rit, on est ému, parfois dans la même scène.
Bref, Pushing Daisies n’a jamais eu le temps de vieillir, et c’est peut-être pour ça qu’elle reste si fraîche aujourd’hui. Deux saisons, c’est court, mais c’est largement assez pour tomber sous le charme. Si vous cherchez une série qui ne ressemble à aucune autre, vous tenez votre prochaine soirée canapé.
Crédit photo : DR
