Quincy Jones s’en va à 91 ans, et la musique perd un géant

Quincy Jones est mort à 91 ans, chez lui à Los Angeles, entouré des siens. Difficile de faire la liste de ce qu’il a touché, parce que ça reviendrait à raconter une bonne partie de l’histoire de la musique du vingtième siècle.

Il avait commencé trompettiste dans les années 40, gamin doué qui traînait déjà avec les grands. Très vite, il bascule vers l’arrangement et la production, là où son vrai génie allait s’exprimer. Mettre les bonnes notes au bon endroit, faire sonner un orchestre, donner une couleur à un disque, c’était son truc.

Frank Sinatra, Aretha Franklin, et bien sûr Michael Jackson. C’est lui qui est derrière Thriller, l’album le plus vendu de tous les temps. Rien que ça suffirait à remplir une carrière, mais chez lui ce n’était qu’un chapitre parmi d’autres.

Ce qui rendait Quincy Jones fascinant, c’est qu’il refusait de rester dans une case. Jazz, soul, pop, musique de film, classique, il passait de l’un à l’autre sans complexe et avec une oreille toujours en avance. Quand les autres suivaient une tendance, lui l’avait souvent déjà anticipée.

Le chef-d’oeuvre produit par Quincy Jones, a redecouvrir.

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Les chiffres donnent le vertige : 28 Grammy Awards, plus un Grammy pour l’ensemble de sa carrière. Mais réduire son parcours à un palmarès serait passer à côté de l’essentiel. Il a formé, conseillé, poussé des dizaines de musiciens et de producteurs qui ont ensuite fait leur propre route.

Il y avait aussi l’homme engagé. Quincy Jones n’a jamais séparé sa musique de ses convictions, et il s’est servi de sa notoriété pour défendre les droits civiques et soutenir des artistes venus de partout. Pour lui, la musique n’était pas qu’un métier, c’était une manière de relier les gens.

Sa disparition a déclenché une vague d’hommages de la part d’artistes du monde entier, toutes générations confondues. Normal : peu de gens auront autant marqué la façon dont sonne la musique qu’on écoute encore aujourd’hui.

On peut écouter Thriller ce soir, ou n’importe quel disque qu’il a produit, et entendre sa patte. C’est sans doute la plus belle façon de lui dire au revoir. Les légendes ne disparaissent pas vraiment, elles continuent de jouer en arrière-plan de nos vies.

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