Par où commencer avec Lars von Trier ? Trois films pour se lancer
Lars von Trier, c’est un peu le réalisateur qu’on adore détester. Le Danois divise, provoque, met mal à l’aise, et c’est exactement pour ça qu’il faut le voir. Son cinéma ne cherche pas à plaire, il cherche à secouer. Si vous n’avez jamais mis le nez dans sa filmographie et que l’idée vous intimide un peu, voici trois portes d’entrée qui résument bien ce qu’il sait faire.
Commençons par Breaking the Waves, sorti en 1996. C’est souvent cité comme son chef-d’œuvre, et on comprend pourquoi. L’histoire se déroule dans une communauté rurale d’Écosse, très religieuse, où vit Bess, une jeune femme d’une foi totale. Elle épouse Jan, un travailleur sur une plateforme pétrolière. Quand il se retrouve paralysé après un accident, Bess se persuade que ses sacrifices personnels peuvent le guérir, et elle va très loin. Le film est tourné caméra à l’épaule, ce qui donne une impression de réalisme brut, presque documentaire. Emily Watson y est bouleversante, et le film a décroché le Grand Prix du Jury à Cannes. C’est dur, c’est dérangeant, mais ça vous reste longtemps en tête.
Vient ensuite Dancer in the Dark, en 2000, qui marque la rencontre improbable entre von Trier et Björk. La chanteuse islandaise y joue Selma, une immigrée tchèque, ouvrière dans une usine américaine, qui perd progressivement la vue à cause d’une maladie génétique. Elle économise chaque centime pour offrir à son fils l’opération qui lui évitera le même sort. Là où le film devient fascinant, c’est dans ses séquences musicales, qui débarquent par contraste au milieu d’un quotidien misérable. Björk a remporté le prix d’interprétation à Cannes, et la chanson I’ve Seen It All est restée. Attention quand même, c’est un film qui démolit émotionnellement.
Pour découvrir le cinéaste sur grand écran chez vous, Melancholia reste la plus belle porte d’entrée visuelle.
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Et puis il y a Melancholia, de 2011, peut-être le plus accessible visuellement. Deux sœurs, Justine et Claire, jouées par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, traversent l’approche d’une planète qui menace de percuter la Terre. Pendant ce temps, Justine sombre dans la dépression, le jour même de son mariage somptueux. L’ouverture du film, au ralenti sur du Wagner, fait partie des plus belles scènes du cinéaste. Kirsten Dunst y a gagné le prix d’interprétation à Cannes, méritée. C’est une œuvre qui mélange la détresse intime et le grand spectacle apocalyptique, sans jamais tomber dans le facile.
Voilà trois films exigeants, parfois éprouvants, mais qui récompensent largement ceux qui acceptent de se laisser embarquer. Si vous deviez n’en choisir qu’un pour démarrer, je dirais Melancholia, le plus beau à l’œil. Mais bon, avec von Trier, on ne ressort jamais tout à fait indemne.
