Le NEAT, cette dépense de calories invisible qui pèse plus lourd que votre séance de sport
On a tous un ami qui ne met jamais les pieds dans une salle, qui n’a pas couru depuis le lycée, et qui reste pourtant sec comme un coup de trique. Agaçant. La génétique joue, bien sûr. Mais il y a autre chose, et ça porte un nom un peu barbare : le NEAT.
Derrière l’acronyme (non-exercise activity thermogenesis), une idée simple. Ce sont toutes les calories que vous brûlez en dehors du sport et en dehors de la digestion : monter un escalier, marcher jusqu’à la boulangerie, cuisiner debout, porter les courses, taper sur un clavier, et même gigoter sur sa chaise pendant une réunion interminable. Tout ce que votre corps dépense juste à vivre sa journée.
Le concept vient de James Levine, un chercheur de la clinique Mayo, qui a posé le mot en 1999. Son étude est restée célèbre. Seize volontaires, 1 000 calories de trop par jour pendant huit semaines, et à la fin, un écart du simple au décuple sur la prise de graisse. Même suralimentation, résultats radicalement différents. Le meilleur prédicteur de ceux qui restaient minces, ce n’était ni le métabolisme de base ni le sport : c’était leur NEAT, qui grimpait chez les uns et pas chez les autres. L’écart allait de moins 98 à plus 692 calories par jour.
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Une autre étude, en 2005, a mesuré que les personnes en surpoids restaient assises environ deux heures de plus par jour que les autres. Deux heures de canapé en moins, et on parle déjà de 350 calories qui changent de camp.
Là où ça devient intéressant, c’est que le NEAT ne demande ni abonnement ni tenue technique ni volonté de fer. Vous ne transpirez pas, vous ne vous changez pas, vous ne bloquez pas une heure dans l’agenda. Vous prenez l’escalier, vous descendez un arrêt plus tôt, vous passez vos appels en marchant, vous vous levez toutes les demi-heures. Mis bout à bout, ça pèse souvent plus qu’une séance de running du dimanche noyée dans six jours de siège.
Attention, ça ne remplace pas le sport, qui muscle le cœur et le reste. Mais pour qui n’aime pas le sport, ou n’a pas le temps, c’est une porte d’entrée honnête, sans culpabilité. Le mouvement le plus utile reste souvent celui qu’on fait sans y penser. Du coup, la prochaine fois que l’ascenseur arrive, laissez-le partir sans vous.
Crédit photo : Illustration générée par IA
