Nouvelle Vague reprend treize titres de Depeche Mode en bossa nova, et on tient peut-être le disque le plus doux de l’automne
Le 30 octobre, Nouvelle Vague sort « A Date With Depeche Mode ». Treize chansons du groupe de Basildon passées à la moulinette bossa nova, jazz et pop française. Sur le papier, ça ressemble à une blague d’après-midi pluvieux. Dans les faits, c’est exactement ce que ce collectif fait de mieux depuis vingt ans.
Rappelons le principe. Nouvelle Vague, c’est Marc Collin et une ribambelle de chanteuses qui reprennent le post-punk et la new wave en les traînant vers Rio. Le nom lui-même est un jeu de mots: « new wave » en anglais, « nova » comme dans bossa nova. Ils ont commencé par Joy Division et The Cure. Là, ils s’attaquent au monument synthétique des années 80.
Et quel monument. Prendre « Enjoy the Silence », « Personal Jesus » ou « Never Let Me Down Again », ces murs de synthés froids et de basses industrielles, pour les transformer en murmures de guitare sèche et de cordes chaudes, il fallait oser. Le disque a été enregistré entre Rio de Janeiro et Paris, ce qui s’entend tout de suite: l’électronique de Depeche Mode devient organique, presque fragile.
Côté voix, c’est une vraie distribution. Skye Edwards, de Morcheeba, pose sa voix de velours sur deux titres. Phoebe Killdeer en chante deux autres. On croise aussi Beth Hirsch, la Brésilienne Flavia Coelho, Mélanie Pain et Fredrika Stahl. Sur « Enjoy the Silence », Larry Love d’Alabama 3 vient même doubler Skye Edwards. Chaque invitée prend un morceau et le tire vers son propre univers, du coup l’album ne tourne jamais en rond.
Pour patienter jusqu’au 30 octobre, leur album 3, où Martin Gore de Depeche Mode vient justement poser sa voix, reste une porte d’entree ideale:
Nouvelle Vague – 3 → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Ce qui me plaît, c’est que l’exercice évite le piège de la carte postale sucrée. On aurait pu craindre treize versions ascenseur, lisses et interchangeables. Sauf que « Behind the Wheel », « Stripped » ou « A Question of Lust » gardent leur mélancolie d’origine, juste habillée autrement. La noirceur de Martin Gore est toujours là, elle respire simplement avec un autre tempo.
À qui ça s’adresse? Aux fans de Depeche Mode curieux d’entendre leurs classiques sous un jour inattendu, et à tous ceux qui aiment une musique de fin de soirée, quand la lumière baisse. C’est le genre de disque qu’on met un dimanche d’octobre, café à la main, sans forcément connaître l’original.
On valide, donc. Rendez-vous le 30 pour vérifier à l’écoute, mais la promesse, elle, est franchement belle.
Crédit photo : Nouvelle Vague
