Michael Kiwanuka revient avec Fudge, un disque qu’il a produit seul et failli ne jamais sortir
Michael Kiwanuka publie Fudge le 23 octobre, son cinquième album, et c’est le genre de retour qu’on n’attendait plus vraiment. Pas parce qu’il nous avait déçus, au contraire, mais parce que le bonhomme a traversé une année difficile. Le disque était prêt depuis presque douze mois, et sa sortie a été repoussée le temps qu’il se remette de gros soucis de santé, un AVC en particulier. Autant dire qu’on l’écoute forcément un peu différemment.
Ceux qui l’ont découvert avec Cold Little Heart, le morceau d’ouverture de Big Little Lies, savent déjà à quoi s’attendre. Une voix chaude, une soul qui prend son temps, des cordes qui enveloppent tout ça sans jamais en faire trop. Sauf que voilà, Fudge change une chose importante dans sa façon de travailler.
Pour la première fois depuis Home Again en 2012, Kiwanuka a pris les commandes de la production lui-même. Exit Danger Mouse et Inflo, ses complices habituels, ceux-là mêmes qui avaient sculpté le son immense de Love & Hate et de Kiwanuka. Là, il a d’abord enregistré seul, à Southampton puis à Frome, avant d’appeler le producteur Dom Monks (Laura Marling, Big Thief) et l’arrangeuse de cordes Rosie Danvers, qui a bossé avec Adele et Coldplay, pour terminer le tout.
En attendant Fudge, son album Kiwanuka de 2019 reste une porte d’entree parfaite dans son univers.
Kiwanuka (2019) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Le résultat, sur les quelques titres déjà dévoilés, c’est un Kiwanuka plus nu, moins cinématographique, qui laisse respirer les chansons. Douze morceaux au programme, avec des titres comme Summer Clothes, California, Stars ou Sing, et une impression générale de quelqu’un qui a eu envie de revenir à l’essentiel plutôt que d’empiler les couches.
Pour qui c’est ? Pour les amateurs de soul moderne qui aiment quand ça reste organique, pour ceux qui mettent Marvin Gaye et Bill Withers le dimanche matin, et franchement pour tous ceux qui ont besoin d’un disque chaleureux à l’approche de l’hiver. Ce n’est pas de la musique qui vous saute dessus, c’est de la musique qui s’installe.
On attend quand même de l’écouter en entier avant de crier au chef-d’oeuvre. Mais rien que l’histoire derrière ce disque, un type qui remonte la pente et reprend le contrôle de sa musique au passage, ça donne déjà envie de lui faire une place dans la platine.
Crédit photo : Interscope Records
