Le Corset, le film où un ancien de Pixar raconte un gamin de la Beauce qui n’arrive plus à se tenir droit
Il y a des premiers films qu’on attend sans le savoir. Le Corset en fait partie. Louis Clichy a passé des années chez Pixar, puis il a coréalisé deux Astérix en images de synthèse, les deux qui ont redonné un peu de tenue à la licence. Et voilà qu’il arrive, à presque cinquante ans, avec son tout premier long métrage vraiment personnel. Sortie le 14 octobre.
L’histoire tient en peu de chose, et c’est sa force. Christophe a 11 ans, il vit dans une ferme au cœur de la Beauce et il essaie de marcher dans les pas de son père. Sauf qu’à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche. Et il tombe. On lui met alors un corset pour le tenir droit, pendant que la ferme familiale traverse une sale période. Un gamin qu’on redresse de force dans un monde qui vacille, vous voyez tout de suite le genre d’images que ça peut donner.
Clichy ne cache pas qu’il a puisé dans sa propre enfance, cette campagne beauceronne plate à perte de vue et les souvenirs de famille qui vont avec. Ça se sent. On est très loin du gag calibré d’un blockbuster animé, plutôt du côté d’un cinéma d’auteur qui se permet des silences, des plans qui durent, une mélancolie de fond. L’animation est magnifique, on y reviendra, mais c’est surtout le ton qui surprend : pudique, un peu rêche, jamais larmoyant.
En attendant Le Corset, on peut revoir les deux Astérix animés que Louis Clichy a coréalisés avec Alexandre Astier.
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Le film a d’ailleurs fait un joli parcours avant d’arriver en salles. Il a décroché le Prix spécial du jury à Un Certain Regard, à Cannes en mai, puis il a raflé trois récompenses au Festival d’Annecy, dont le Prix du public et le Prix du jury. Pour un premier long métrage d’animation français, c’est tout sauf anodin.
Alors oui, c’est de l’animation, mais ne vous trompez pas de case. Ce n’est pas un film « pour les enfants » même si les enfants peuvent le voir. C’est un film sur l’enfance, celle qui encaisse sans comprendre, nuance de taille. Pour qui aime les récits sensibles, un peu durs sous leur douceur, c’est sans doute la plus belle sortie de la semaine. Et pour une fois qu’un film d’animation français sort des sentiers battus, autant lui faire une place dans votre semaine.
Crédit photo : AlloCiné
