Shaun le Mouton revient pour Halloween, et c’est encore de la pâte à modeler image par image, comme au bon vieux temps d’Aardman

Il y a des rendez-vous qu’on ne rate pas. Shaun le Mouton rapplique au cinéma le 21 octobre avec La Bêêête d’Halloween, et autant vous prévenir tout de suite : c’est toujours le même Aardman, celui de Wallace et Gromit et de Chicken Run, celui qui façonne ses personnages en pâte à modeler et les photographie image par image. Pas un pixel de 3D là-dedans. Des doigts, de la patience, et des moutons qui louchent.

L’histoire tient sur un coin de table, et c’est très bien comme ça. À la ferme de Mossy Bottom, tout le monde attend Halloween avec gourmandise, jusqu’à ce que le Fermier, aussi maladroit que d’habitude, écrabouille les citrouilles chéries du troupeau. Shaun se transforme alors en savant fou pour réparer les dégâts, sauf que voilà, ça dérape complètement : le Fermier disparaît et une créature velue se met à rôder dans les bois. Vous voyez le genre.

Ce qui me plaît, c’est que personne ne parle vraiment dans ces films. Shaun bêle, le chien grogne, le Fermier marmonne trois onomatopées, et tout passe par le geste, le regard, le gag visuel millimétré. Aucune barrière de langue, donc. Un gamin de cinq ans et son grand-père rigolent exactement au même moment, pour la même raison. C’est assez rare pour être souligné.

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C’est le troisième long-métrage en stop-motion consacré au mouton, après l’épopée de 2015 et Farmageddon en 2019. Steve Cox et Matthew Walker sont aux manettes, et les voix d’origine, Justin Fletcher et John Sparkes en tête, répondent encore à l’appel. Comptez 1h20, distribution StudioCanal, et une ambiance d’Halloween gentiment flippante, calibrée pour faire frissonner les petits sans leur coller des cauchemars.

Il faut saluer le travail que ça représente. En stop-motion, une poignée de secondes à l’écran peut demander une journée entière de tournage, à bouger les figurines d’un millimètre entre chaque photo. À l’heure où tout le monde génère des dessins animés à la chaîne, voir un studio s’entêter dans l’artisanat, ça fait vraiment du bien.

Pour qui, du coup ? Pour les familles qui cherchent une sortie de vacances de la Toussaint sans se prendre la tête, et pour les grands amateurs d’Aardman qui n’ont jamais vraiment grandi. Dont moi, je l’avoue. Si vous aimez le flegme anglais en version laine et pâte à modeler, vous savez déjà quoi faire le 21 octobre.

Crédit photo : StudioCanal