Le céleri-rave, cette grosse boule terreuse qu’on contourne au marché faute de savoir quoi en faire

Il est là, posé entre les carottes et les betteraves, gros comme un pamplemousse, couvert de terre et hérissé de racines. On passe devant. On le trouve laid, un peu inquiétant même, et on file vers des légumes plus présentables. C’est une erreur.

Le céleri-rave arrive justement en saison. On le trouve d’octobre à mars, c’est-à-dire pile au moment où le marché devient monotone et où on cherche quelque chose à mettre dans l’assiette qui change des éternelles pommes de terre.

Première bonne surprise, c’est un légume léger. Comptez environ 37 calories pour 100 grammes, avec 2,6 grammes de fibres, du potassium, de la vitamine K et un peu de vitamine C. Autrement dit, vous pouvez en manger sans compter, ce qui est rare pour un truc aussi rassasiant.

Le problème, bien sûr, c’est qu’on ne sait pas par quel bout le prendre. On l’épluche largement, en coupant la base terreuse et toute la peau épaisse, et on se retrouve avec une chair blanche et dense qui noircit vite à l’air. Un filet de citron règle la question.

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Cru, râpé finement, c’est la fameuse céleri rémoulade, celle de la cantine et des traiteurs. Croquant, frais, légèrement anisé. Attention quand même, la sauce mayonnaise fait grimper l’addition à près de 274 calories pour 100 grammes, donc le légume n’y est plus pour grand-chose. Faites-la vous-même, allégée, vous garderez le goût sans la culpabilité.

Cuit, c’est encore mieux, et c’est là qu’il devient vraiment intéressant. En purée, mélangé moitié-moitié avec de la pomme de terre, il donne quelque chose de fondant et bien plus parfumé qu’une purée classique. En soupe avec un peu de curry, il est délicieux. Rôti au four en gros cubes, avec de l’huile d’olive et du thym, il caramélise et devient presque sucré. Et en gratin, avec un peu de fromage, personne autour de la table ne devinera que c’est ce gros machin terreux du marché.

Bref, le céleri-rave fait partie de ces légumes d’hiver qu’on a tort de bouder. Il est bon marché, il se garde des semaines au frais, il nourrit sans alourdir et il se cuisine de dix façons. La prochaine fois qu’il vous fait de l’œil entre deux cageots, ramenez-le. Vous verrez, c’est tout choisi.

Crédit photo : Illustration générée par IA