De l’autre côté du lac, le roman où Sylvain Prudhomme fait disparaître une photographe au bord d’un lac interdit
Il reste huit romans en lice pour le Goncourt, et celui-ci en fait partie. La deuxième sélection est tombée le 6 octobre, l’Académie a resserré ses seize titres de départ à huit, et « De l’autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme est passé. Verdict le 3 novembre. D’ici là, c’est une bonne raison d’ouvrir ce neuvième roman paru fin août chez Minuit.
L’histoire se passe en haute montagne, aux abords d’un lac, à la lisière d’une réserve interdite aux humains. Un groupe de chercheurs travaille là. Parmi eux, une photographe, Paola. Elle finit par voir sur un versant quelque chose que personne d’autre ne remarque. Les signes s’accumulent. Un corps est retrouvé. Elle décide de rester seule là-haut. Et quelques mois plus tard, c’est elle qui disparaît à son tour.
Vous avez compris le genre. Prudhomme avance masqué, quelque part entre le thriller et le roman sur le vivant, sur ce qui nous échappe quand on s’approche trop près du sauvage. Ce n’est pas un polar qui court après son coupable. C’est plutôt une lente dérive, une femme qui s’enfonce dans un territoire où l’humain n’a rien à faire, et un lecteur qui la suit sans trop savoir où ça le mène.
Envie de le juger par vous-même avant le 3 novembre ? Le roman est dispo en librairie et en ligne.
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Le détail qui change tout, ce sont les vraies photographies glissées dans le livre. Des images qui brouillent la frontière entre la fiction et ce qu’on croit réel, au point qu’on finit par scruter chaque cliché comme Paola scrute son versant. C’est bien pensé, et ça colle parfaitement au sujet.
Prudhomme, vous le connaissez peut-être sans le savoir. C’est lui qui a décroché le Femina 2019 avec « Par les routes », ce roman d’amitié et de départs qui avait touché beaucoup de monde. Il a cette façon d’écrire les gens qui partent, qui lâchent prise, qui cherchent autre chose. Là, il pousse le curseur encore plus loin, du côté de la nature et du mystère.
288 pages, 22 euros chez Minuit. À réserver aux lecteurs qui aiment qu’un livre les laisse un peu dans le flou, qui acceptent de ne pas tout comprendre et de se laisser porter. Si vous voulez de l’action à chaque page, passez votre chemin. Mais pour une soirée d’automne, un plaid et un thé qui refroidit, c’est franchement le bon moment.
Crédit photo : Les Éditions de Minuit
