Le patinage sur glace, ce sport qu’on range au rayon des sorties de Noël et qui muscle plus que n’importe quel cours de gym
On y va une fois par an, entre la dinde et la galette, et on repart avec les chevilles en vrac en se jurant qu’on ne nous y reprendra plus. Erreur. Le patinage, c’est l’un des sports les plus complets qu’on puisse pratiquer sans même avoir l’impression de faire du sport.
Commençons par le nerf de la guerre. Une heure sur la glace, c’est entre 300 et 600 calories qui partent en fumée, à peu près autant qu’une bonne séance de vélo, parfois davantage si vous forcez un peu l’allure. Sauf que là, vous ne regardez pas votre montre toutes les trois minutes en attendant que ça se termine. Vous glissez, vous rigolez, vous tombez, vous vous relevez. Le temps passe sans qu’on le voie.
Ce qui travaille vraiment, c’est l’équilibre. Tenir debout sur deux lames de quelques millimètres oblige le corps à corriger en permanence des dizaines de micro-mouvements, et c’est tout ce petit monde invisible, la fameuse proprioception, qui se renforce sans qu’on y pense. Les cuisses, les fessiers et les abdos encaissent le reste. Au lendemain d’une première sortie sérieuse, vous aurez des courbatures dans des endroits dont vous ignoriez l’existence.
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Le gros avantage par rapport à la course ou au tennis, c’est que tout se fait en douceur. La glisse absorbe les chocs, les articulations ne prennent pas les coups de marteau qu’elles encaissent sur le bitume. Pour qui revient d’une blessure au genou ou ménage des chevilles fragiles, c’est une façon de bouger pour de vrai sans tout casser.
Un conseil, quand même, pour la première fois. Louez des patins à votre taille exacte, un pied qui flotte dedans et c’est l’entorse assurée. Serrez bien les lacets au niveau de la cheville, lâchez un peu sur le haut. Et oubliez l’idée de traverser la patinoire en diagonale dès la première demi-heure : on commence collé à la rambarde, on pousse tout doucement, on tombe en avant plutôt qu’en arrière. La tête, on la garde pour la galette.
Les patinoires rouvrent un peu partout avec les beaux jours de l’automne qui filent, et certaines villes ressortent même leurs pistes éphémères en centre-ville. L’occasion rêvée d’y aller autrement qu’une fois tous les douze mois. Vous verrez, au bout de trois séances, on ne lâche plus la rambarde par peur. On la lâche par orgueil.
Crédit photo : Illustration générée par IA
