C’était ça ou mourir, le premier roman qui met un visage sur le mot migrant et rafle tout à la rentrée
Un professeur d’histoire-géo qui quitte Port-au-Prince parce que rester, c’est mourir. Voilà le point de départ de C’était ça ou mourir, le premier roman de Thélyson Orélien. Le personnage s’appelle Jonas Dorléon, il enseigne, il aime son pays, et un jour la violence des gangs ne lui laisse plus le choix. Il part. Douze pays à traverser avant le Canada, un récit à la première personne, jusqu’à ce moment où il retrouve enfin le droit de respirer sans avoir peur.
Orélien sait de quoi il parle. Canado-haïtien de 38 ans, il a lui-même quitté Haïti en 2010 et vit aujourd’hui à Ottawa. Ça ne fait pas de son livre une autobiographie, mais ça lui donne une matière que peu d’écrivains peuvent revendiquer sans tricher.
Le plus étonnant, c’est peut-être le parcours du bouquin. Publié au Québec chez Boréal en mars, il est devenu le plus gros succès de la maison depuis sa création en 1963. Rien que ça. Grasset l’a sorti en France en août, et depuis, il collectionne les honneurs. Le 21 septembre, il a décroché le prix Fnac, celui que décernent 400 lecteurs et 400 libraires de l’enseigne. Depuis, on le retrouve aussi dans les premières sélections du Goncourt, du Médicis et du Femina. Pour un premier roman, c’est un carton. L’auteur, lui, avoue être un peu dépassé : « Ce succès est étonnant. Je suis surpris par ce qui m’arrive, mais ça me fait très plaisir. » On veut bien le croire.
Le roman phénomène de la rentrée, déjà primé et en cours de traduction dans plus de vingt langues, à glisser dans votre pile :
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Alors oui, le sujet peut faire peur. Un migrant qui fuit, on a l’impression d’avoir déjà lu ça cent fois, souvent avec de bonnes intentions et pas mal de misérabilisme. Sauf que voilà, Orélien évite le piège. Il ne fait pas de Jonas une statistique ni un symbole, il en fait un type qui aimait enseigner et à qui on a tout pris. Un migrant ne part pas pour envahir, répète-t-il volontiers, il part parce qu’il veut vivre.
Si vous cherchez une lecture de rentrée qui remue vraiment, celle-là mérite le détour. C’est court, c’est dur, et ça a le mérite de mettre un visage et un prénom sur un mot qu’on entend partout sans jamais vraiment y penser.
Crédit photo : Grasset
