Bonobo revient avec Distance in Static, un huitième album qu’il présente peut-être comme son dernier

Simon Green, alias Bonobo, vient de sortir Distance in Static, son huitième album, le 11 septembre chez Ninja Tune. Quatre ans après Fragments, le Britannique referme un cycle. Et il le dit lui-même sans détour : ce pourrait bien être son dernier disque au format album pour un bon moment.

Ceux qui connaissent Bonobo savent à quoi s’attendre, en partie. De l’électronique chaude et mélancolique, des nappes qui prennent le temps de respirer, une production léchée jusqu’au moindre grain. Quatorze titres, cinquante minutes environ. Rien d’agressif, rien de tapageur. C’est une musique de fin de soirée, ou de trajet en train quand la lumière baisse dehors.

Le plus intéressant, c’est la manière dont le disque a été fabriqué. Green a enregistré pendant trois ans, entre Londres, Tokyo et le ranch de Neil Young en Californie. Trois endroits, trois ambiances, et ça s’entend : l’album respire l’espace et la distance, ce qui colle plutôt bien avec son titre.

Il s’est aussi entouré. Arooj Aftab, Joy Crookes, Nilüfer Yanya, Ichiko Aoba et Nicole Miglis viennent poser leurs voix sur plusieurs morceaux. Bonobo a toujours aimé les featurings bien choisis, jamais gratuits, et là encore le casting fait le job. La voix d’Arooj Aftab sur un tapis électronique, franchement, ça vaut le détour.

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Envie de remonter le fil avant d’attaquer le nouvel album ? Black Sands, cité plus haut, reste une des plus belles portes d’entrée dans l’univers de Bonobo.

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Alors est-ce vraiment un adieu ? Green reste flou, et on a un peu l’impression qu’il joue avec nous. Mais bon, à supposer que ce soit le cas, difficile d’imaginer plus belle sortie de scène. Distance in Static n’a pas la fébrilité d’un artiste qui cherche encore. C’est le disque de quelqu’un qui sait exactement ce qu’il fait, et qui le fait bien.

Pour qui ? Pour les fans de la première heure, évidemment, ceux qui ont usé Black Sands et The North Borders. Mais aussi pour ceux qui n’ont jamais vraiment écouté Bonobo et cherchent une porte d’entrée vers l’électronique douce, celle qu’on peut mettre en fond sans qu’elle disparaisse pour autant.

À écouter au casque, de préférence, un soir où vous n’avez rien à prouver à personne. C’est là qu’il donne le meilleur.

Crédit photo : Ninja Tune