Spectres, le roman où Thomas Gunzig envoie une physicienne ouvrir une porte vers une autre dimension

Il y a des livres qui vous attrapent dès la première idée, et celui-là en fait clairement partie. Dans Spectres, paru le 20 août chez Au Diable Vauvert, Thomas Gunzig imagine qu’une physicienne, Léa, parvient à ouvrir une brèche vers une dimension parallèle. Une découverte énorme. Le genre de truc qui devrait bouleverser la science pendant un siècle.

Sauf que voilà, on est chez les humains. Et les humains, quand ils tombent sur un nouveau territoire, ils ne se demandent pas s’il faut y aller, mais comment le rentabiliser. Dans cette autre dimension dort une matière inconnue, et cette matière pourrait bien répondre au dérèglement climatique devenu ingérable. Alors on installe une station, on met des gens à la maintenance, dont un certain Tom, et on exploite. Vous devinez à peu près comment ça finit.

Ce qui est fort chez Gunzig, c’est qu’il ne vous largue jamais. On parle quand même de relativité du temps, de fractales, de changements de dimension, et pourtant tout reste limpide, presque poétique. Vous n’avez pas besoin d’un doctorat pour suivre. L’auteur transforme une aventure d’exploration cosmique en quelque chose de haletant, sans jamais oublier que ses personnages sont des gens qui aiment et qui ont peur.

Spectres - Thomas Gunzig (Au Diable Vauvert)

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Parce que sous la science-fiction, Spectres parle surtout de nous, là, maintenant. D’un présent devenu irrespirable, d’une planète qu’on continue de presser comme un citron, d’une logique économique qui avale tout ce qu’elle touche, y compris l’invisible. C’est un roman d’anticipation qui regarde le présent droit dans les yeux, et ça fait un peu froid dans le dos.

Le livre fait 396 pages, coûte 23 euros, et il figure dans la première sélection du Goncourt 2026. Pas un hasard. Gunzig, l’écrivain belge qui avait déjà co-écrit le scénario du Tout Nouveau Testament, réussit à rendre passionnants trois trucs qui n’ont a priori rien à faire ensemble : la physique quantique, l’effondrement écologique et l’amour filial.

Pour qui ? Pour vous si vous aimez la SF qui pense sans se prendre au sérieux, et même pour vous si la science-fiction vous fait un peu peur, parce qu’ici elle sert d’abord à raconter des humains. Un beau vertige de rentrée, à lire avant que le Goncourt ne s’en mêle pour de bon.

Crédit photo : Au Diable Vauvert