Le hygge, ce mot danois qu’on croit vendu avec un plaid et des bougies et qui dit surtout que l’été est fini

Fin août, la lumière baisse d’un coup le soir. Et là, chez les Danois, un mot ressort du placard : hygge. Prononcez à peu près « hue-gueu ». Impossible à traduire proprement en français, ce qui n’a jamais empêché personne d’essayer.

Oxford a fini par le définir comme une qualité de confort et de convivialité douillette qui donne un sentiment de contentement. Le dictionnaire l’a même mis sur sa liste des mots de l’année 2016, avant de le recaler au dernier moment au profit de « post-truth ». Mérité ou pas, hygge est entré officiellement dans la langue anglaise en juin 2017. Pas mal pour un mot que personne ne savait épeler deux ans plus tôt.

Derrière la déferlante de livres blancs et de comptes Instagram remplis de tasses fumantes, il y a Meik Wiking, patron du Happiness Research Institute de Copenhague, qui a écoulé son « Livre du hygge » par palettes entières. Son argument tient en une phrase : si le Danemark squatte le top 3 des pays les plus heureux du monde depuis des années, c’est peut-être en partie grâce à cette manière de soigner les petits moments.

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Et les bougies, dans tout ça ? Pas un cliché. Les Danois en brûlent près de six kilos par personne et par an, ce qui fait d’eux les plus gros consommateurs d’Europe. 85% d’entre eux associent d’abord la bougie au hygge. En décembre, la consommation triple. Bref, ils ne rigolent pas avec la cire.

Là où ça devient intéressant, c’est que le hygge n’a rien à vendre. Pas d’abonnement, pas d’appli, pas de matériel. Une couverture, deux amis, une soupe, la lumière tamisée, le téléphone posé loin. C’est presque agaçant de simplicité, et c’est sans doute pour ça que le marketing s’est rué dessus pour nous refourguer des plaids à trente euros.

Mon conseil, si la rentrée vous pèse déjà : prenez le mot au sérieux, mais oubliez la boutique. Le hygge, ce n’est pas dépenser, c’est ralentir. Un dimanche soir sans écran, une théière, quelqu’un en face. Vous n’avez besoin de rien d’autre, et surtout pas d’un guide en dix étapes pour y arriver.

Crédit photo : Illustration générée par IA