C’était ça ou mourir, le premier roman qui a explosé les records au Québec avant de débarquer dans la rentrée française
Il y a des livres dont on entend parler avant même de les avoir ouverts, et celui-là en fait partie. C’était ça ou mourir, premier roman de Thélyson Orélien, est sorti chez Grasset le 19 août, en plein cœur de la rentrée littéraire. Sauf qu’il n’arrive pas de nulle part : publié quelques mois plus tôt au Québec, il est devenu le plus gros succès des éditions du Boréal depuis leur création en 1963. Rien que ça.
Orélien est né en Haïti et vit aujourd’hui au Québec. Pour ce premier livre, il se glisse dans la peau de Jonas Dorléon, un professeur d’histoire qui fuit Port-au-Prince après l’embrasement de son quartier. Il ne part quasiment avec rien : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Trois objets, et le reste de sa vie derrière lui.
Ce qui suit, c’est une odyssée au sens propre. La République dominicaine, le Brésil, le Mexique, un autobus surchauffé, la jungle qu’on traverse à pied. Jonas veut rejoindre le peu de famille qu’il lui reste au Canada, et pour ça il faut passer par les États-Unis, avec les agents de l’ICE et une administration lancée dans sa chasse aux migrants. On sait comment ça se termine dans les journaux. Le roman, lui, ne raconte pas un concept, il raconte un corps : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l’horreur pour ne pas craquer.
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Et c’est là que le livre surprend. On pourrait s’attendre à un texte plombé, misérabiliste, le genre qu’on referme en s’excusant presque. C’est tout le contraire. Orélien écrit une langue foisonnante, pleine d’humour et de poésie, une vraie langue d’exil qui redonne de l’air à un sujet qu’on croyait connaître par cœur. On rit, on serre les dents, souvent dans la même page.
Alors oui, la migration est partout, dans les romans comme aux infos, et on peut légitimement se dire qu’on a déjà donné. Sauf que voilà, personne ne l’avait raconté comme ça. Pour un premier roman, tenir cette distance sans jamais basculer dans la leçon de morale, c’est franchement impressionnant.
Si vous ne deviez lire qu’un livre de cette rentrée, celui-ci mérite clairement d’être en haut de la pile.
Crédit photo : Grasset
