Lambchop revient après quatre ans de silence et range enfin le vocoder pour laisser Kurt Wagner chanter à nu
Il y a des retours qu’on n’attendait plus, et puis il y en a qu’on espérait secrètement. Celui de Lambchop est du second genre. Le collectif de Nashville mené par Kurt Wagner vient de sortir son dix-septième album, Punching the Clown, paru le 21 août. Quatre ans qu’on n’avait plus rien eu.
Pour ceux qui n’ont jamais croisé le nom, Lambchop c’est un ovni de la scène américaine depuis le milieu des années 90. Ça part de la country, ça bifurque vers la soul, ça flirte avec l’ambient, et au centre il y a toujours cette voix grave et fatiguée de Wagner qui vous parle plus qu’elle ne chante. Leur sommet public reste Nixon, en 2000, un disque que beaucoup rangent encore dans leurs favoris absolus.
Sauf que voilà, depuis une dizaine d’années, Wagner s’était mis à noyer cette fameuse voix sous le vocoder et l’autotune. Sur FLOTUS, sur The Bible, il devenait une machine, presque un instrument parmi les autres. C’était courageux, parfois magnifique, souvent déroutant. Certains fans ont adoré, d’autres attendaient sagement qu’il redevienne lui-même.
Avant de plonger dans le nouveau, la meilleure porte d’entree dans l’univers Lambchop reste leur chef-d’oeuvre de 2000.
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Et c’est exactement ce qui arrive ici. Punching the Clown remet la voix nue au premier plan, sans trucage, et ça change tout. On retrouve le Wagner du début, celui qui murmure des histoires à moitié dites. Le disque a été produit par Ryan Olson, écrit avec Andrew Broder, et enregistré dans le studio de Justin Vernon, le cerveau de Bon Iver, qui pousse même le service jusqu’à venir gratter du banjo. Ajoutez à ça une chorale à six voix qui débarque par moments, et vous obtenez un truc étrangement solennel, presque liturgique, pour une année aussi chaotique que 2026.
La critique anglo-saxonne s’est emballée, et pour une fois ce n’est pas volé. Certains parlent tout simplement d’un des meilleurs Lambchop à ce jour. Moi je vous dirais surtout que c’est un album de fin d’été parfait, de ceux qu’on écoute au casque quand la lumière baisse et qu’on n’a envie de parler à personne.
Si vous ne connaissez pas le groupe, commencez peut-être par Nixon avant de plonger là-dedans. Mais si vous suivez Wagner depuis longtemps, foncez. Le bonhomme a rangé ses jouets électroniques et il chante de nouveau à visage découvert. C’est déjà une raison suffisante.
Crédit photo : Lambchop / Merge Records
