Marché de dupes, le documentaire Netflix où une réalisatrice retrouve l’homme que la police suédoise cherchait depuis trente ans

Il y a des documentaires qu’on lance pour meubler une soirée et qu’on regarde finalement d’une traite, la télécommande posée. Marché de dupes : le scandale Trustor, arrivé sur Netflix début août, fait clairement partie de ceux-là.

L’histoire remonte au printemps 1997. Cinq personnes rachètent Trustor, une société d’investissement suédoise tout ce qu’il y a de respectable. Trois mois plus tard, tout s’écroule : c’était une coquille vidée de l’intérieur, une des plus grosses fraudes financières que la Suède ait connues. Et au centre du dispositif, un homme, Joachim Posener, présenté comme le cerveau de l’opération.

Sauf que voilà, quand la justice se met à table, Posener a déjà disparu. Volatilisé. Pendant près de trente ans il échappe à Interpol comme à la police suédoise, ce qui, avouez, tient un peu du film en soi. On imagine un type recroquevillé au fond d’une planque, il vivait en fait plutôt bien, quelque part au soleil, pendant que tout un pays essayait de comprendre où était passé son argent.

C’est là que la réalisatrice Karin af Klintberg entre en scène. Là où trois décennies de traques officielles ont échoué, elle finit par le retrouver et, surtout, par le filmer. Posener parle, face caméra, et c’est franchement ce qui donne au film sa vraie valeur : on tient enfin le principal intéressé, et pas seulement les commentaires de ceux qui ont couru après lui.

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Le documentaire dure 1h42, ce qui laisse le temps de dérouler l’affaire sans la survoler ni la noyer. On y croise les témoins d’époque, les gens qui ont senti l’entourloupe, ceux qui ont fini par la mettre au jour. Le rythme reste tendu, à mi-chemin entre le true crime financier et le portrait d’un fuyard qui a réussi son coup pendant très longtemps.

Ce que j’aime bien, c’est que ça ne cherche pas à faire du Posener un génie ou un monstre. On le laisse parler, on écoute, on se fait son idée. Et cette idée est rarement flatteuse, mais elle reste la vôtre.

Si vous aimez les grosses arnaques racontées froidement, sans musique dramatique toutes les dix secondes, c’est une très bonne pioche pour la rentrée. Prévoyez juste de le regarder d’un bloc, parce que couper au milieu, ça va être compliqué.

Crédit photo : Netflix