Mordre l’orage, le roman où une prof documentaliste rouvre le dossier de l’enfant placée qu’elle a été
Isabelle Pandazopoulos signe avec Mordre l’orage un roman qui vous attrape par le col dès les premières pages et ne vous lâche plus. Sorti le 19 août chez Actes Sud pour la rentrée, c’est son deuxième livre chez cet éditeur, et franchement, ça se sent qu’il y a du métier derrière.
L’héroïne s’appelle Fanny Delambre. Professeure documentaliste dans un collège d’Argenteuil, mariée, deux grands enfants, une vie bien rangée qu’elle a construite brique par brique. Sauf que Fanny a été adoptée puis rendue à l’Assistance publique, et qu’elle a passé sa vie à verrouiller tout ça. Le décès de sa mère adoptive fait tout sauter. Un héritage tombe, une maison dans le Morvan, et avec lui remonte ce qu’elle avait enterré : l’enfance en placement, les foyers, la violence tranquille de l’administration.
Ce qui est fort, c’est que Pandazopoulos ne verse jamais dans le misérabilisme. Elle a été prof de lettres, elle s’est formée à la psychopédagogie pour accompagner les gamins en galère dans le système scolaire, et ça irrigue tout le bouquin. Il y a un vrai regard sur ce que l’école abîme, et sur ce qu’elle sauve aussi. Fanny se réfugie dans les livres depuis toujours, et le roman assume une idée que je trouve très juste : les livres ne guérissent pas, ils empêchent de tomber. La nuance a l’air de rien, mais elle change tout.
Si l’envie de le lire vous prend, le roman est dispo ici :
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Alors oui, on est sur un roman de filiation et de maternité, un genre qui remplit les tables de rentrée chaque année. Mais celui-là a une colonne vertébrale : la défense des profs documentalistes et des bibliothèques, ces métiers qu’on rabote en silence et dont personne ne parle jamais. Fanny est vivante, cabossée, en colère, jamais lisse. C’est ce qui tient le livre debout sur ses 317 pages.
Pour qui c’est ? Pour vous si vous aimez les romans qui creusent l’intime sans tricher. Pour vous aussi si la question de l’adoption, du placement, de ce qu’on transmet sans le vouloir vous parle de près ou de loin.
Comptez 22,50 euros et quelques soirées. Ça les vaut largement.
Crédit photo : Actes Sud
