Pour ses cent ans de mort, Monet réinvestit l’Orangerie et fait dialoguer ses Nymphéas avec une plasticienne américaine
Claude Monet est mort le 5 décembre 1926 à Giverny. Pour marquer le siècle qui nous sépare de sa disparition, le musée de l’Orangerie sort l’artillerie. L’exposition s’appelle « Monet, peindre le temps », elle ouvre le 30 septembre 2026 et court jusqu’au 25 janvier 2027, en plein cœur du jardin des Tuileries.
L’idée n’est pas de refaire une énième rétrospective chronologique. Le musée a choisi un angle, un seul : le rapport de Monet au temps. L’instant qu’on attrape au vol, la lumière qui change en dix minutes, la durée qui s’étire sur une même toile. C’est plutôt malin, parce que c’est exactement ce que le peintre a passé sa vie à traquer, meule après meule, cathédrale après cathédrale.
Une quarantaine d’œuvres seront réunies, prêtées en grande partie par le musée d’Orsay et le musée Marmottan Monet, les deux plus gros trésors de Nymphéas et de paysages qu’on possède en France. Et surtout, elles seront montrées à côté des grandes décorations des Nymphéas installées à demeure dans les deux salles ovales de l’Orangerie. Ces panneaux, Monet les a offerts à l’État français au lendemain de la Première Guerre mondiale, comme un monument à la paix. Les revoir dans leur écrin d’origine, entourés d’autres toiles, ça change tout.
Pour prolonger la visite chez vous, le catalogue de référence édité avec le musée de l’Orangerie :
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Le musée ajoute un contrepoint contemporain avec Vija Celmins, une plasticienne américaine qui peint l’océan et le ciel avec une patience de moine. Le rapprochement peut surprendre, mais il tient : elle aussi cherche à figer le mouvement de l’eau. Il y aura aussi une expérience en réalité virtuelle qui vous plonge au beau milieu des Nymphéas, et une soirée confiée au dramaturge Wajdi Mouawad le 7 décembre.
Faut-il y aller ? Oui, sans hésiter, mais avec une consigne. Réservez un créneau tôt le matin ou en nocturne, parce que les salles ovales bondées perdent une bonne partie de leur magie. Les Nymphéas demandent du silence et un peu de recul, pas une foule de cinquante téléphones brandis.
Et puis autant le dire : Orsay embraie avec sa propre grande exposition Monet au même moment, donc la rentrée parisienne va virer au pèlerinage impressionniste. Si vous n’avez le temps que d’une seule visite, misez sur l’Orangerie et ses deux ellipses de nénuphars. C’est là que Monet a voulu qu’on le regarde une dernière fois.
Crédit photo : Wikimedia Commons
