Bret Easton Ellis livre sa jeunesse à Ryan Murphy, et ça donne la série la plus vénéneuse de l’été
Depuis le 6 août, Disney+ diffuse The Shards, une série FX en dix épisodes que pas mal de monde attendait au tournant. Normal : à la manœuvre, on trouve Ryan Murphy, le faiseur d’American Horror Story, associé à Bret Easton Ellis en personne. Et pour une fois, l’auteur ne se contente pas de vendre les droits, il co-signe l’adaptation de son propre roman, paru en 2023 après une première vie en feuilleton audio.
Le livre était déjà un drôle d’objet, à moitié autobiographie, à moitié cauchemar. La série reprend le principe. On est à Los Angeles en 1981, dans un lycée privé pour gosses de riches, le genre d’endroit où l’on roule en Mercedes à seize ans. Bret, le narrateur, a l’âge et le prénom de l’écrivain. Il observe ses camarades, leurs fêtes, leur ennui doré. Sauf que voilà, un nouvel élève arrive, Robert Mallory, beau et opaque, et sa présence coïncide pile avec les méfaits d’un tueur en série que la ville a surnommé le Trawler.
Est-ce que Robert est le monstre ? Est-ce que Bret se fait des films ? C’est tout le sel du bouquin, et la série joue habilement sur ce doute. On reste longtemps dans la tête d’un ado qui confond peut-être sa parano, son désir et la réalité.
Le livre dont tout est tiré, si vous préférez la version d’Ellis avant celle de Murphy :
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Côté casting, Murphy a eu la main lourde sur les héritiers. Igby Rigney tient le rôle de Bret. Robert Mallory, c’est Homer Gere, le fils de Richard. Kaia Gerber, la fille de Cindy Crawford, complète le tableau, entourée de vrais poids lourds comme Evan Rachel Wood et Wes Bentley.
Dans les faits, l’accueil est plus tiède qu’espéré. Les critiques américaines tournent autour de la moyenne. On salue l’ambiance poisseuse, les néons, la lumière de la Californie qui plombe tout, mais on reproche à la série de tourner un peu en rond, fidèle en cela au style volontairement froid d’Ellis. Les épisodes sortent au compte-gouttes, un par semaine, jusqu’au final prévu le 9 septembre.
Pour qui c’est, donc ? Pour les amateurs de thrillers où rien n’est propre, et pour les lecteurs d’Ellis curieux de voir ce que devient l’auteur de Moins que zéro passé à la moulinette Murphy. Les autres trouveront ça lent. Moi, l’ambiance m’a happé dès le premier épisode.
Crédit photo : Disney+ / FX
