Le tarama rose du supermarché est un mensonge, et le vrai se fait en cinq minutes chez vous
Regardez bien le prochain pot de tarama que vous croisez au rayon frais. Ce rose bonbon un peu louche, celui qui tache les doigts et le pain de mie, il ne vient pas des œufs de poisson. Il vient d’un colorant, l’E120, l’acide carminique, tiré de cochenilles séchées et réduites en poudre. Autrement dit, votre apéro tout rose doit sa couleur à des insectes broyés. Appétissant.
Le vrai tarama, lui, est beige. Presque blanc cassé, un peu terne, franchement moins glamour sur la photo. Sauf que voilà, c’est la couleur naturelle des œufs de cabillaud fumés, et c’est exactement ce que vous devriez avoir dans votre bol. Les industriels le teintent en rose parce que ça vend mieux, tout bêtement.
Autre malentendu tenace, le tarama n’est pas grec à l’origine. Enfin si, le mot vient du grec taramas, mais la recette d’authentique se faisait à la poutargue, ces œufs de mulet séchés qu’on trouve encore autour de la Méditerranée. La version qu’on mange en France, elle, est presque toujours à base d’œufs de cabillaud fumés. Deux poissons différents, deux histoires, et un pot rose qui a tout mélangé.
Pour tenter le vrai tarama maison, il vous faut la base : des œufs de cabillaud fumés.
Œufs de cabillaud fumés (Comptoir de la Gastronomie) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Le meilleur dans tout ça, c’est que le faire soi-même prend cinq minutes montre en main. Vous prenez des œufs de cabillaud fumés, une bonne poignée de mie de pain trempée dans un peu de lait puis essorée, un jus de citron, et de l’huile neutre que vous versez en filet en fouettant, comme pour une mayonnaise. Ça monte, ça épaissit, ça devient crémeux. Certains ajoutent un tout petit peu d’oignon râpé, d’autres non, question de goût. Rien de sorcier là-dedans.
Le résultat est plus fin, moins salé que l’industriel, et vous savez enfin ce qu’il y a dedans. Pas de colorant, pas de liste d’additifs longue comme le bras. Juste du poisson, du pain, du citron et de l’huile. Étalé sur du pain grillé encore tiède, avec un trait de citron par-dessus, c’est un apéro d’été qui coûte trois fois rien et qui impressionne son monde.
Alors oui, il faudra assumer le beige. Mais entre une jolie couleur de cochenille et un vrai bon goût de poisson fumé, pour moi c’est tout choisi.
Crédit photo : Illustration générée par IA
