Gregg Araki ressort de l’ombre après douze ans, et il n’a rien perdu de son culot
On l’avait presque rangé du côté des cinéastes qui avaient tourné la page. Depuis White Bird en 2014, ce drame glacé avec Shailene Woodley et Eva Green, Gregg Araki n’avait plus signé le moindre long métrage. Douze ans passés à bricoler des séries, à disparaître des radars. Et le voilà qui débarque aujourd’hui en salles avec I Want Your Sex, une comédie érotique qui assume tout dès le titre.
Le pitch tient sur un fil tendu. Cooper Hoffman joue Elliot, un jeune type un peu candide qui décroche le job de ses rêves auprès d’une artiste star, provocatrice et adulée, incarnée par Olivia Wilde. Sauf que le job en question, c’est de devenir sa muse sexuelle. À partir de là, Araki déroule son jeu de domination et de fascination, avec cette manière bien à lui de filmer le désir sans jamais demander pardon.
Pour ceux qui ont grandi avec Nowhere, The Doom Generation ou le magnifique Mysterious Skin, retrouver Araki, c’est un peu comme recroiser un vieux copain resté fidèle à ses obsessions. Les couleurs pop et saturées, l’ironie qui gratte, l’énergie ado même quand les personnages ont largement dépassé l’adolescence. Il a écrit le scénario avec Karley Sciortino, et le casting fait plaisir à voir : Charli XCX (tournage calé en pleine tournée BRAT, donc en pointillés), Mason Gooding, Chase Sui Wonders, Daveed Diggs, Margaret Cho et même Johnny Knoxville.
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Bon, tout le monde ne va pas tomber d’accord, forcément. Le film est passé par Sundance en janvier, et les retours sont partagés. Certains crient au grand retour jubilatoire, d’autres trouvent le sulfureux annoncé finalement bien sage une fois sur l’écran. C’est le risque du genre. Quand vous mettez le sexe au centre et jusque dans le titre, on vous attend forcément au tournant.
Reste que ça fait du bien de revoir un cinéaste de cette trempe reprendre la caméra pour un projet aussi frontal, à contre-courant d’une époque plutôt frileuse sur ces questions. Si vous aimez le cinéma indé américain qui pique, celui qui préfère déranger plutôt que rassurer, vous savez déjà quoi faire de votre soirée. Les plus sages, eux, iront voir Spider-Man dans la salle d’à côté. Chacun son trip.
Crédit photo : Metropolitan Filmexport
