Amélie Nothomb confie son 35e roman à un perroquet, et c’est peut-être son idée la plus retorse

Chaque fin d’août, c’est le même rituel. Nothomb débarque avec un roman court, une couverture austère, et la question qu’on se pose tous : est-ce qu’elle tient encore la distance après trente-quatre livres ? Le 19 août, Albin Michel sort « L’Adolescence du perroquet », 160 pages, 18,90 euros. Et le pitch a de quoi intriguer.

Alban hérite d’un gris du Gabon prénommé Jo. Pas n’importe quel oiseau. Le gris du Gabon passe pour le plus doué des perroquets, capable de reproduire une sonnerie, une voix, le grincement d’une porte, avec une précision qui met mal à l’aise. Jo apprend, imite, répond. Peu à peu se tisse entre l’homme et l’animal un lien presque exclusif, de ceux qui font oublier le reste du monde. Sauf que voilà : l’adolescence arrive aussi chez les perroquets. Avec elle, la révolte. Et l’équilibre patiemment construit se met à craquer.

On devine tout de suite ce que Nothomb peut tirer d’un tel dispositif. Derrière la fable animalière, il y a sa vieille obsession : la domination, ce qu’on croit posséder, ce qui nous échappe. L’épigraphe donne le ton, une seule phrase en ouverture, « L’amour n’est pas un dû ». Autrement dit, ne comptez pas sur l’affection acquise, même celle d’un oiseau. Le roman s’annonce à double fond, moitié conte philosophique sur l’âme et l’existence, moitié charge plus politique sur le lien, le genre et la solidarité.

L'Adolescence du perroquet, Amélie Nothomb (Albin Michel)

Le roman paraît le 19 août chez Albin Michel, et il est déjà en précommande si vous voulez l’avoir sur votre terrasse dès le premier jour :

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Est-ce que ça va marcher ? Impossible à dire avant de l’avoir lu. On la sait inégale, capable du meilleur, « Stupeur et tremblements », « Frappe-toi le cœur », comme de romans qui se referment aussi vite qu’ils se sont ouverts. Mais l’idée du perroquet adolescent a un vrai potentiel de vertige, et son écriture ciselée, ses dialogues qui claquent, restent une signature reconnaissable entre mille.

Pour qui, alors ? Les fidèles y trouveront leur dose annuelle, à lire d’une traite sur une terrasse en une soirée. Les autres peuvent tenter l’entrée par là : 160 pages, c’est le bon format pour vérifier si la petite musique Nothomb vous parle ou vous agace. Et si vous avez déjà partagé votre vie avec un animal têtu, vous risquez de vous reconnaître plus que prévu dans ce face-à-face avec un oiseau qui a décidé de n’en faire qu’à sa tête.

Crédit photo : Albin Michel