Guillaume Musso convoque Agatha Christie au cap d’Antibes pour le polar de votre valise

Il y a des livres qu’on repère à leur seule couverture sur la table de la librairie, et Le Crime du paradis en fait clairement partie. Guillaume Musso, l’auteur français le plus vendu depuis plus de dix ans, y déroule une enquête qui démarre par le pire cauchemar possible. Au cap d’Antibes, Florence et Julian Livingstone, un couple d’Américains fortunés, voient leur fils de trois ans disparaître sans laisser la moindre trace.

À partir de là, tout se dérobe. Le policier chargé de l’affaire se cogne à un mur de mensonges et de secrets de famille, pendant qu’une romancière, Agatha Harding, tourne autour du drame avec l’idée bien arrêtée d’en faire son prochain roman. Ce prénom n’est pas un hasard. Musso rend ici hommage à Agatha Christie et à la Côte d’Azur, ses deux amours, dans un récit qui joue franchement avec les codes du whodunit classique.

Alors oui, on connaît la mécanique Musso : le twist qu’on attend sans jamais le voir venir vraiment, le rythme calibré pour vous empêcher d’éteindre la lampe de chevet, les personnages qu’on croit cerner avant de se faire balader. Certains lui reprochent cette recette bien huilée. Sauf que voilà, quand on cherche un livre à emporter sur la plage ou en terrasse, cette recette-là fait exactement le job. On tourne les pages, on suit les fausses pistes, on croit avoir compris, et on se trompe.

Le Crime du paradis - Guillaume Musso

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Le décor y est pour beaucoup. Les villas blanches, la mer trop bleue, l’argent qui achète le silence : le cap d’Antibes devient un vrai personnage, et l’hommage à Christie donne à l’ensemble un parfum de vieux crime feutré, très loin du thriller anxiogène qui court partout en ce moment. C’est un peu le Crime de l’Orient-Express version Riviera, avec des Américains trop riches et une romancière qui observe tout.

Pour qui, alors ? Pour celles et ceux qui veulent un roman qui se dévore en deux ou trois soirées, sans prise de tête mais sans se sentir pris pour des jambons non plus. Si vous détestez déjà Musso, ce livre ne vous fera pas changer d’avis, autant être honnête. Mais si vous cherchez le compagnon idéal d’une chaise longue au mois de juillet, avec juste ce qu’il faut de mystère pour tenir jusqu’à la dernière page, celui-là coche les cases. Et franchement, une disparition d’enfant sur la Riviera racontée façon Agatha Christie, ça se lit tout seul.

Crédit photo : Calmann-Lévy