Sous le ciel de Kyoto, l’histoire d’un garçon qui se protège du monde avec des parapluies
Toru étudie à Kyoto et fait ses heures dans des bains publics. Et il trimballe des parapluies partout. Pas parce qu’il pleut sur le Kansai, mais parce qu’un parapluie ouvert, ça met une petite distance entre soi et les autres, et que ça lui va très bien comme ça.
Puis Hana arrive. Lumineuse, insaisissable, un peu abîmée. L’évidence s’installe entre eux, et elle disparaît du jour au lendemain.
Voilà le point de départ de Sous le ciel de Kyoto, en salles chez nous le 22 juillet. Deux heures huit, signé Akiko Ohku, d’après un roman de Shusuke Fukutoku, avec Riku Hagiwara en Toru et Yuumi Kawai en Hana. Le titre japonais d’origine dit à peu près « moi qui n’arrive pas encore à dire que c’est le ciel de Kyoto que je préfère ». Ça vous donne une idée du tempo.
Ohku, vous l’avez peut-être croisée sans le savoir avec Tempura, où une jeune femme passait ses soirées à peaufiner ses recettes en se parlant toute seule. Avant ça il y avait Katte ni furuetero, prix du public au festival de Tokyo. Sa marque de fabrique tient là-dedans : des solitaires très bavards à l’intérieur, filmés sans la moindre condescendance, avec une tendresse qui ne bascule jamais dans le sirop.
Alors autant être clair sur ce que ce film n’est pas. Ce n’est pas une comédie romantique à rebondissements, et il ne faut pas y aller en attendant un retournement toutes les vingt minutes. Il prend son temps, beaucoup, et il assume de laisser des scènes respirer bien après le moment où un montage occidental aurait coupé.
Si vous voulez decouvrir la realisatrice avant d’aller en salle, son film precedent existe en DVD chez nous.
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Deux heures huit de mélancolie japonaise en plein mois de juillet, sur le papier, ça ressemble quand même à un drôle de pari.
Sauf que voilà, c’est exactement le genre de séance qui sauve une après-midi de canicule. Salle fraîche, Kyoto en toile de fond, et un rythme qui vous oblige à ralentir alors que tout le reste vous demande d’aller vite.
Pour qui, donc ? Pour ceux qui ont aimé Tempura, évidemment. Pour ceux qui trouvent que le cinéma japonais contemporain raconte la solitude urbaine mieux que tout le monde. Et pour tous ceux qui, sans jamais le formuler, ont eux aussi leur parapluie bien à eux.
L’affiche du 22 juillet part dans tous les sens, entre horreur et film familial. Là, ce sera la petite salle, la séance de 14 h, et personne pour vous embêter.
Crédit photo : Art House
