Anya Taylor-Joy redevient arnaqueuse dans Lucky, six ans après Le Jeu de la dame

Anya Taylor-Joy n’avait plus porté une série sur ses épaules depuis Le Jeu de la dame, en 2020. Six ans. Une éternité, à l’échelle du streaming, où l’on oublie un visage en dix-huit mois.

Elle revient le 15 juillet sur Apple TV avec Lucky, une mini-série en sept épisodes créée par Jonathan Tropper. Les deux premiers arrivent d’un coup, puis un par semaine jusqu’au 19 août. Le bon vieux rythme hebdomadaire, celui qui laisse le temps d’y penser entre deux épisodes.

Elle y joue Lucky Armstrong, arnaqueuse de métier et fille d’arnaqueur, forcée de prendre la fuite après un braquage à plusieurs millions qui tourne au vinaigre. Derrière elle, le FBI, sous les traits d’Aunjanue Ellis-Taylor. Et une patronne du crime organisé jouée par Annette Bening, ce qui suffirait presque à vendre la chose. Timothy Olyphant fait le père.

La série adapte le roman de la Canadienne Marissa Stapley, paru en 2021, que Reese Witherspoon avait porté à bout de bras et qu’elle produit aujourd’hui. Le livre repose sur une idée franchement cruelle : Lucky achète un billet de loterie sur un coup de tête, le billet vaut une fortune, sauf qu’aller le toucher revient à se livrer aux flics. Tout le bouquin tient dans ce nœud, et il tient très bien.

Lucky, le roman de Marissa Stapley

Envie de connaître la fin avant tout le monde ? Le roman de Marissa Stapley dont la série est tirée se lit d’une traite.

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Ce qu’on ignore encore, c’est ce que Tropper a gardé du texte. Le tournage s’est fait à Las Vegas et Los Angeles, de février à juillet 2025, et la bande-annonce vend surtout du désert, des carcasses de voitures en feu et des armes braquées. Le roman, lui, était plus intérieur, presque un livre sur le pardon. Les deux peuvent cohabiter. Ça n’arrive pas si souvent.

Anya Taylor-Joy produit aussi la série, ce qui n’est jamais neutre : elle a choisi ce rôle, elle ne l’a pas subi. Et il lui va bien. Le regard fixe, la mâchoire serrée, cette façon qu’elle a de rendre un calcul mental visible à l’écran, c’était déjà tout Beth Harmon penchée sur son échiquier.

Pour qui, du coup ? Si les cavales sèches vous parlent, si vous avez aimé Sugar ou l’ambiance poisseuse d’Ozark, vous êtes chez vous. Si vous cherchez plutôt une série d’été à regarder d’un œil distrait pendant que les enfants hurlent dans la piscine, passez votre chemin, celle-ci réclame de l’attention.

Sept épisodes, une saison unique, une fin déjà écrite. C’est peut-être ça, le vrai luxe en 2026.

Crédit photo : Apple TV