On croyait Godzilla rangé au rayon des grosses machines américaines qui s'écroulent sous leur propre poids. Et puis il y a eu Godzilla Minus One, en 2023, cette merveille japonaise tournée par Takashi Yamazaki pour moins de 15 millions de dollars, qui a fini par décrocher l'Oscar des meilleurs effets visuels au nez et à la barbe de blockbusters qui coûtaient dix fois plus. Trois ans plus tard, le même homme remet ça.
Godzilla Minus Zero reprend là où le premier s'arrêtait. On est en 1949, dans un Japon encore à genoux, qui pansait à peine ses plaies quand le monstre a été repoussé une première fois. Les personnages de Minus One sont de retour, et une nouvelle menace monte des décombres pendant que Godzilla, lui, régénère pour venir la regarder droit dans les yeux. Yamazaki écrit, réalise et signe encore les effets visuels, ce qui reste rarissime pour un film de cette ampleur.
Le casting rempile en bloc : Ryunosuke Kamiki, Minami Hamabe, Sakura Ando, Masami Nagasawa. Et pour ceux qui aiment les chiffres, Minus Zero est la première production japonaise tournée pour le format IMAX, avec 135 minutes au compteur. La sortie est quasi mondiale, le 3 au Japon, le 4 chez nous, le 6 aux États-Unis, histoire de prendre tout le monde de court avant que le moindre spoiler ne fuite.
En attendant la suite, le premier opus oscarisé se (re)voit à la maison :
Godzilla Minus One en Blu-ray → voir sur AmazonLien affilié Amazon
Ce qui frappe, avec ce diptyque, c'est l'inversion des valeurs. Là où le kaiju américain carbure à la démolition pure, Yamazaki filme d'abord des gens. La peur, le deuil, la culpabilité d'avoir survécu à une guerre. Le monstre n'arrive qu'ensuite, et il fait d'autant plus peur qu'on s'est attaché aux silhouettes qu'il va écraser.
Les premières projections, dont celle du festival de New York fin septembre, annoncent un démarrage solide, autour de 25 à 35 millions de dollars outre-Atlantique pour le week-end d'ouverture. Pour qui a aimé le premier, c'est à voir sans hésiter, et de préférence sur le plus grand écran possible. Pour les autres, c'est l'occasion de comprendre pourquoi un bonhomme en costume de lézard arrive encore, soixante-dix ans après, à nous serrer la gorge mieux que bien des drames.
Crédit photo : AlloCiné


