Hope, le retour de Na Hong-jin après dix ans de silence, débarque dans nos salles et c'est le genre de film qui ne ressemble à rien d'autre


Na Hong-jin n'avait plus tourné depuis The Wailing, en 2016. Dix ans. On croyait le réalisateur coréen parti pour de bon, et le voilà qui revient avec Hope, en salles le 28 octobre. Autant vous prévenir tout de suite : ce n'est pas un film raisonnable.
L'histoire part d'un coin perdu, Hope Harbor, un village posé juste à côté de la zone démilitarisée entre les deux Corées. Bum-seok, le chef du petit poste de police local, commence à recevoir des appels affolés. Les habitants jurent avoir vu un tigre rôder. Sauf que ce qui débarque n'a rien d'un animal, et la panique qui monte dans le village vire très vite à quelque chose de beaucoup plus étrange.
Ce qui frappe, c'est le casting. Na Hong-jin a réuni d'un côté des pointures coréennes, Hwang Jung-min en flic dépassé, Zo In-sung, Jung Ho-yeon vue dans Squid Game. Et de l'autre, Michael Fassbender, Alicia Vikander et Taylor Russell, qui jouent des visiteurs venus d'ailleurs dont l'arrivée précipite la lente dérive de la petite ville. Un pont entre deux cinémas, c'est assez rare pour qu'on le note.

En attendant Hope, le précédent choc de Na Hong-jin, The Wailing, vaut largement une soirée :
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Présenté à Cannes en mai dernier, le film a laissé la critique un peu sonnée. Il passe du western contemporain au thriller nerveux, puis bascule dans l'horreur avant de finir en quasi-épopée de science-fiction, le tout sur 156 minutes. La BBC parlait d'une énergie de film de genre des années 70, moite et un peu dingue. On comprend que ça déroute. Son budget serait d'ailleurs le plus gros jamais engagé sur une production coréenne, et ça se voit à l'écran.
Est-ce que ça tient sur toute la durée ? C'est là que j'ai un petit doute. Un film qui change de registre toutes les trente minutes, ça peut vite donner le tournis plutôt que le frisson. Mais venant de l'homme qui a signé The Wailing, l'un des films d'horreur les plus marquants de la décennie, on accorde volontiers le bénéfice.
Pour qui ? Ceux qui aiment le cinéma de genre coréen, celui qui ne lâche jamais vraiment et refuse de rentrer dans les cases. Si vous cherchez un objet bien lisse et confortable, passez votre chemin. Si vous voulez être secoué pendant deux heures et demie, foncez.
Crédit photo : AlloCiné
