On attendait Martin McDonagh depuis Les Banshees d'Inisherin, et le revoilà avec Wild Horse Nine, en salles le 6 novembre. Pour ceux qui l'ont découvert avec Bons baisers de Bruges ou Three Billboards, c'est la même signature : des dialogues qui claquent, un humour très noir et des personnages qui parlent trop avant de faire des bêtises irréparables.
Cette fois, il nous emmène loin de l'Irlande et des petites villes américaines. Direction le Chili, juste avant le coup d'État de septembre 1973 qui renverse Salvador Allende. Deux agents de la CIA, Chris et Lee, viennent de finir le sale boulot sur place. Des hommes rompus à la violence, qu'une nouvelle mission va envoyer de Santiago jusqu'à l'île de Pâques, et dont la confiance mutuelle commence à se fissurer en chemin.
Le duo, c'est Sam Rockwell et John Malkovich, deux acteurs que McDonagh adore faire déraper entre le malaise et le fou rire. Malkovich a d'ailleurs décroché la Coupe Volpi du meilleur acteur à la dernière Mostra de Venise, ce qui n'a rien d'un hasard quand on voit la partition qu'on lui confie. Autour d'eux, un casting qui fait plaisir : Steve Buscemi, Tom Waits, Parker Posey, l'Argentine Mariana di Girolamo. Du beau monde, et personne là pour meubler.
Envie de replonger dans le cinéma de McDonagh en attendant la salle ? Son précédent film reste une merveille.
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Le film a été présenté en compétition à Venise début septembre, où il a récolté près de quinze minutes d'ovation. Je me méfie toujours des chronos d'applaudissements, c'est devenu un sport de festival, mais les premiers retours vont tous dans le même sens : McDonagh rejoue ses tours de passe-passe habituels, et ça marche encore. Certains lui reprochent justement de se répéter. C'est un peu vrai. Sauf que voilà, quand la recette consiste à faire dialoguer deux immenses comédiens sur fond de culpabilité et d'absurde, on ne va pas bouder.
À qui ça s'adresse ? À ceux qui aiment les films où l'on cause autant qu'on tire, où la morale reste glissante et où l'on rit à des choses qu'on ne devrait pas. Si vous cherchez une reconstitution historique sérieuse sur le Chili d'Allende, passez votre chemin, ce n'est pas le projet. McDonagh se sert du contexte comme d'un décor pour sa mécanique à lui.
Deux heures, un casting en or, un cinéaste qui sait exactement ce qu'il fait. Pour moi c'est tout vu, je prends ma place dès la première semaine.
Crédit photo : Searchlight Pictures


