The Avalanches ressortent du silence avec No Bad Memories, trente et une pistes collées comme un vieux carnet de souvenirs
Six ans. C’est le temps qu’on a attendu un nouveau disque des Avalanches depuis We Will Always Love You, et le duo australien revient avec le genre d’album qu’on n’ose plus faire. No Bad Memories est sorti le 16 octobre, et il aligne trente et une pistes. Pas trois singles rallongés, non. Trente et une vraies chansons, cousues au sampler à la manière de leur légendaire Since I Left You de l’an 2000.
Pour ceux qui découvrent, Robbie Chater et Tony Di Blasi travaillent comme des archéologues du son. Ils fouillent des jingles oubliés, des pubs ringardes, des bribes de vinyles trouvés dans des bacs à un dollar, et ils recollent tout ça jusqu’à obtenir une chanson qui tient debout. Le résultat sonne comme une radio qu’on aurait laissée allumée pendant toute une enfance, avec le soleil qui tape sur le tapis du salon.
Et là, il y a du monde au générique. Jamie xx, Karen O des Yeah Yeah Yeahs, Rivers Cuomo de Weezer, Mike Patton, le vétéran japonais Haruomi Hosono de Yellow Magic Orchestra, et même Carly Simon qu’on n’attendait plus. Ça pourrait partir dans tous les sens. Ça ne part nulle part ailleurs que là où le groupe veut vous emmener : dans une sorte de nostalgie joyeuse, presque enfantine, où le passé n’a pas de mauvais souvenirs justement, d’où le titre.
Avant No Bad Memories, il y a eu le chef-d’oeuvre fondateur du duo, toujours aussi vertigineux a reecouter :
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La pochette résume tout. Un iPod à pattes et une disquette violette qui se tiennent debout comme deux copains d’école, reliques d’une époque où la musique se gravait, se perdait, se retrouvait. C’est bête et c’est beau.
Est-ce que c’est l’album de l’année ? Pour l’ambiance, difficile de trouver plus lumineux en ce moment. Trente et une pistes, c’est beaucoup, et certains passages tiennent plus de l’interlude que de la vraie chanson. Mais l’ensemble se laisse écouter d’une traite, un dimanche pluvieux, sans jamais chercher à vous assommer de profondeur.
Mon conseil : ne picorez pas. Lancez le disque au début, laissez-le défiler pendant que vous rangez, cuisinez ou ne faites rien. C’est fait pour ça, pour habiter une pièce. Les Avalanches n’ont jamais couru après les modes, et à ce petit jeu, ils gagnent encore. Un album qui fait du bien, tout simplement, et en ce moment ça ne se refuse pas.
Crédit photo : The Avalanches
