Guédiguian revient avec Une femme aujourd’hui, le portrait d’une trentenaire qui avait tout réussi avant de tout voir s’écrouler
Quarante-cinq ans de cinéma et un vingt-quatrième long métrage qui arrive en salles ce 21 octobre. Robert Guédiguian, on le connaît pour ses chroniques ouvrières de l’Estaque, ses personnages de Marseille, sa petite bande d’acteurs qu’il traîne de film en film depuis toujours. Cette fois il décale un peu le regard et s’attache à Juliette, trente ans, qui coche à peu près toutes les cases de la réussite moderne.
Un poste en vue dans la finance, une belle maison, des voyages, des histoires d’amour sans lendemain qu’elle choisit elle-même. Sur le papier, une vie que beaucoup lui envieraient. Sauf qu’une agression par un collègue fait tout basculer, et le beau vernis se fissure d’un coup.
Le film raconte surtout ce qui vient après. Pas la vengeance, pas le procès spectaculaire qu’on attendrait d’un thriller américain, mais le lent travail de reconstruction, la manière dont on recolle les morceaux et dont on cherche à redonner du sens à une existence qui tournait pourtant très bien. C’est là que Guédiguian est bon depuis le premier jour, regarder les gens à hauteur d’homme, sans jugement, en prenant le temps qu’il faut.
Pour prolonger la découverte de son cinéma, La Villa reste l’un de ses plus beaux films, avec la même troupe marseillaise au grand complet.
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La vraie nouveauté, c’est le visage. Marilou Aussilloux décroche ici sa première tête d’affiche, et c’est elle qui porte presque tout le film sur ses épaules. Autour d’elle, on retrouve les habitués de la maison, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, cette famille de cinéma que le réalisateur convoque depuis des décennies. Le mélange entre une jeune actrice qui s’impose et des piliers qu’on connaît par cœur donne quelque chose de touchant, une passation de génération qui se joue aussi à l’écran.
Présenté à la Mostra de Venise début septembre, le film a reçu un accueil plutôt chaleureux, et on comprend pourquoi. Ce n’est pas un film de rupture ni une démonstration, c’est du Guédiguian dans ce qu’il sait faire de mieux, politique sans jamais peser, humain sans jamais verser dans la guimauve.
Alors oui, le sujet est grave, autant le savoir avant d’entrer dans la salle. Mais le cinéaste ne s’y vautre pas, il filme surtout la remontée, l’énergie qu’il faut pour se relever. Si vous aimez le cinéma français qui prend le temps de parler des vrais gens, celui qui préfère une émotion juste à un rebondissement toutes les dix minutes, c’est clairement à aller voir. Et si l’univers de Guédiguian vous est encore étranger, c’est une jolie porte d’entrée.
Crédit photo : AlloCiné
