Lola Lafon signe sa première pièce de théâtre, et c’est une bête histoire de valise à l’aéroport qui finit en procès de nos petites lâchetés
On connaissait Lola Lafon pour ses romans, de La petite communiste qui ne souriait jamais à Chavirer, qui lui avait valu le prix Médicis en 2020. La voilà qui passe pour la première fois par le théâtre. Son texte s’appelle Merci de votre collaboration et il paraît le 15 octobre chez Les Solitaires Intempestifs. 84 pages, 15 euros.
Le décor tient en une image que vous connaissez par cœur. Une salle d’embarquement. Quatre amis d’une quarantaine d’années s’apprêtent à partir en vacances ensemble. Une valise dépasse de quelques centimètres, l’hôtesse la refuse. Rien de grave, en théorie.
Sauf que voilà, un mot de trop est lâché à la figure de l’employée. Et là, la petite dispute logistique bascule en tout autre chose. La gêne monte, les camps se dessinent, et ce qui ressemblait à une amitié solide se fissure sous nos yeux. Qui a dit quoi, qui a laissé dire, qui a préféré se taire pour ne pas gâcher le voyage.
C’est précisément là que Lafon vise juste. Elle prend un lieu qu’on traverse tous sans y penser, l’aéroport et ses files, ses procédures, sa politesse de façade, et elle en fait le théâtre de nos arrangements de tous les jours. La vraie question qu’elle pose n’a rien d’abstrait. Jusqu’où va le compromis avant de devenir de la compromission ? À quel moment le silence poli finit par ressembler à de la complicité ?
Le texte parait le 15 octobre, de quoi le lire avant de le voir joue sur scene :
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Côté scène, la pièce est mise en scène par Emmanuel Noblet. Création au Théâtre du Rond-Point à Paris du 4 au 14 novembre, puis une date à Vannes le 17, et enfin le Théâtre de l’Atelier à Paris du 15 au 28 février 2027. Sur le plateau, on retrouvera Solal Bouloudnine, Servane Ducorps, Elsa Guedj et Zita Hanrot.
Si vous aimez les huis clos qui grattent pile là où ça fait mal, celui-ci devrait vous happer. Et pas besoin d’être un habitué des salles obscures ou du théâtre un peu savant pour s’y reconnaître. Le sujet nous concerne tous, parce qu’on a tous, un jour, ravalé une phrase pour ne pas plomber l’ambiance avant le départ.
Vous pouvez aussi lire le texte d’abord, en attendant de le voir joué. 84 pages, ça se boucle dans un trajet. En train, de préférence.
Crédit photo : Les Solitaires Intempestifs
