Sheryl Crow revient avec Pick You Up, sept chansons et pas une de trop
Sheryl Crow sort son treizième album ce 9 octobre, et il s’appelle Pick You Up. Sept titres, vingt-cinq minutes au compteur, et c’est tout. On est loin des albums fleuves qu’on vous vend aujourd’hui en mode trente pistes pour gonfler les chiffres de streaming. Là, elle va à l’essentiel, et franchement ça fait du bien.
Ce qui frappe d’abord, c’est qu’elle n’était même pas censée être là. En 2019, avec Threads, elle avait expliqué que ce serait son dernier vrai album studio, que le format long n’avait plus trop de sens pour elle. Puis il y a eu Evolution en 2024. Et maintenant Pick You Up. Visiblement, l’envie de boucler des chansons entières n’est pas près de la lâcher, et tant mieux.
Pour ce disque, elle a retrouvé Jeff Trott, son vieux complice d’écriture, celui avec qui elle bricole des mélodies depuis les années 90. Les sept morceaux sont co-écrits et produits à deux, sans armée de beatmakers ni invités à rallonge. Le seul featuring, c’est Jesse Welles sur Freedom Bus, le premier extrait. Welles, c’est ce jeune songwriter américain qui s’est fait connaître en balançant des chansons folk un peu rageuses sur l’actualité, filmées seul avec sa guitare. Le mélange des générations fonctionne plutôt bien.
Envie de reprendre par le début ? Cette compile ramasse l’essentiel de ses tubes au même endroit.
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Autre détail qui en dit long : Crow sort tout ça sur son propre label, Big Green Barn Productions, avec Thirty Tigers pour la distribution. Pas de grosse maison de disques derrière, elle fait les choses à sa main. À presque soixante-cinq ans et après avoir tout connu de l’industrie, on comprend qu’elle préfère décider seule de ce qu’elle sort et quand.
Côté pochette, elle n’a pas fait dans la sobriété : un éléphant perché sur un vieux bateau rouillé échoué dans l’herbe, entouré de manchots. Une peinture surréaliste qui tranche complètement avec l’imagerie habituelle de la country-rock américaine. On aime ou pas, mais ça intrigue.
Pour le reste, on reste sur ce que Crow sait faire de mieux : des chansons pop-rock bien charpentées, une voix qui n’a rien perdu, et cette façon de glisser un peu de critique sociale sans jamais plomber l’ambiance. Si vous aviez décroché après Tuesday Night Music Club ou The Globe Sessions, c’est peut-être le moment de reprendre le fil. Vingt-cinq minutes, ça ne se refuse pas.
Crédit photo : Sheryl Crow / Big Green Barn Productions
