Zazie revient avec Volatil, treize chansons qui dansent entre le léger et le grave
Zazie a sorti Volatil le 2 octobre, et c’est un retour qu’on attendait un peu sans oser le dire. Treize titres, quarante-sept minutes. Rien qui traîne.
Le disque tient tout entier dans son titre. Ce qui est volatil, c’est ce qui s’envole, ce qui passe, ce qui vous file entre les doigts pendant que vous regardez ailleurs. La pochette le dit mieux que moi: son visage en noir et blanc, et des oiseaux qui traversent le cadre. On est prévenus.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’écriture. Zazie n’a jamais écrit comme tout le monde, et à soixante et un ans elle n’a visiblement aucune envie de commencer. Elle continue de tordre les mots, de les faire sonner à l’envers, de glisser une pirouette là où une autre poserait une larme. Un titre comme « Un chat, un chat » vous prévient du programme. On appelle les choses par leur nom, mais jamais de la manière la plus attendue.
Et puis il y a cette tension permanente entre deux humeurs. D’un côté la légèreté, des mélodies qui accrochent dès la première écoute, de celles qu’on se surprend à fredonner dans le métro sans savoir pourquoi. De l’autre quelque chose de plus grave qui affleure, sur le temps qui file, sur « Y’a plus d’saisons », sur « La nostalgie » qu’on traîne sans vraiment vouloir la poser. Le même disque vous fait sourire et vous serre un peu la gorge. C’est précisément ce qu’elle sait faire depuis trente ans.
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Le single, c’est « Peu importe ». Trois minutes à peine, et ça résume assez bien l’esprit de l’ensemble. On lâche prise, on accepte que tout bouge, et tant pis. Pas de leçon, pas de grand message. Juste une façon de regarder les choses passer sans s’y accrocher.
Alors oui, on reste en terrain connu. Ceux qui attendent une Zazie qui se réinvente de fond en comble risquent d’être déçus. Mais pour les autres, pour ceux qui l’écoutent depuis « Zen » ou « Chanson d’ami », c’est exactement la dose qu’il fallait. Un album qui ne force rien, qui fait confiance à ses chansons, et qui se termine sur « Tête en l’air » comme on referme un carnet.
À écouter tranquillement, un soir d’automne, sans chercher à tout comprendre du premier coup. Elle, de toute façon, ça ne l’a jamais intéressée.
Crédit photo : Zazie
