Klara et le Soleil, le roman d’Ishiguro devient un film où Jenna Ortega joue un robot amoureux du soleil

Taika Waititi s’attaque à Kazuo Ishiguro, et rien que la phrase donne envie de voir le résultat. Le réalisateur néo-zélandais, qu’on connaît surtout pour son humour un peu barré, adapte « Klara et le Soleil », le roman que le prix Nobel de littérature a publié en 2021. En salles le 21 octobre, et autant vous le dire tout de suite, on l’attend.

Klara, c’est une « amie artificielle ». Un robot à énergie solaire, conçu pour tenir compagnie aux enfants, qu’on achète en magasin comme on choisirait un animal. Jenna Ortega lui prête ses traits, et c’est un contre-emploi plutôt bien vu pour celle qu’on avait rangée dans la case des films d’horreur. Ici, pas de cri, pas de sang. Juste un regard de machine qui essaie de comprendre les humains, et qui finit par les comprendre mieux qu’eux-mêmes.

Le roman racontait tout à hauteur de Klara. On voyait le monde par ses yeux, avec ses raisonnements bancals, sa dévotion presque religieuse pour le soleil qui la recharge, et cette façon touchante de prendre les choses au premier degré. Ishiguro adore ça, les narrateurs qui ne comprennent pas vraiment ce qui leur arrive. C’était déjà le cas dans « Auprès de moi toujours » et dans « Les Vestiges du jour ». La vraie question du livre, c’est de savoir ce qu’il reste d’unique chez un être humain quand une machine peut l’imiter. Pas vraiment de la science-fiction, en fait.

Klara et le Soleil, Kazuo Ishiguro

Avant d’aller en salle, le roman de Kazuo Ishiguro qui a tout inspiré se trouve en poche :

Klara et le Soleil, Kazuo Ishiguro → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Autour d’Ortega, le casting fait saliver : Amy Adams en mère rongée par l’inquiétude, Steve Buscemi, Natasha Lyonne. Waititi co-signe le scénario avec Dahvi Waller. Le projet traîne depuis 2020, le tournage s’est fini en 2024, et Sony a mis un temps fou avant de lâcher une date. Ce genre de retard, d’habitude, ça sent le film qui embarrasse son studio.

Sauf que le roman, lui, est magnifique, et qu’il y a dans ce sujet de quoi faire pleurer une salle entière sans jamais forcer. Tout le pari de Waititi tient là : être bouleversant sans tomber dans le mélo, garder la retenue d’Ishiguro plutôt que de la noyer sous les violons.

Si vous avez aimé le livre, foncez en gardant quand même un œil méfiant. Si vous ne l’avez pas lu, vous avez trois semaines pour le rattraper avant la sortie. À vous de voir, mais moi, je prends déjà ma place.

Crédit photo : Sony Pictures