Tahiti 80 revient avec Rejoice, la pop lumineuse d’un groupe français que la France n’a jamais vraiment écouté
C’est un des paradoxes les plus tenaces de la pop hexagonale. Tahiti 80 a été adoré à Tokyo bien avant qu’on daigne s’y intéresser à Rouen, leur propre ville. Le groupe s’est formé là-bas en 1992, sur les bancs de la fac, autour de Xavier Boyer, et il chante en anglais depuis toujours. C’est sans doute pour ça qu’on l’a snobé chez nous, alors qu’au Japon leur premier album Puzzle, sorti en 1999, a fini disque d’or. Vous voyez le genre de malentendu.
Trente-quatre ans de carrière plus tard, ils sortent Rejoice (An Inventory Of Pop Maps), disponible depuis le 25 septembre. Douze titres. Et un état d’esprit que le groupe résume assez bien lui-même : de la pop libérée de toute contrainte, quelque part entre la liberté du White Album des Beatles et le grand bazar joyeux d’une compilation soul. Autant vous dire que ça part dans tous les sens, et que c’est voulu.
Ce qu’il faut savoir avec Tahiti 80, c’est que leur truc n’a jamais été la mélancolie qui fait la moue. Chez eux la pop est ensoleillée, un peu naïve dans le bon sens, pleine de guitares qui claquent et de refrains qui restent collés. Rejoice ne déroge pas, même si on y sent une bande qui n’a plus rien à prouver et qui s’amuse. Il y a du funk, des touches électroniques, des arrangements soul, des morceaux qui pourraient passer aussi bien dans une voiture décapotable que dans une soirée un peu chic.
En attendant de dénicher Rejoice, un très bon point d’entrée dans leur discographie reste Fosbury, l’album de la maturité.
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Alors oui, c’est de la pop qui assume d’être agréable, sans deuxième degré tortueux ni posture. Certains trouveront ça daté, d’autres exactement ce qu’il faut un dimanche gris de septembre. Pour ma part, un groupe qui tient trente ans en restant fidèle à une idée aussi simple que fabriquer de belles chansons, ça force le respect.
Si vous ne connaissez pas, commencez par leur vieux tube Heartbeat, celui que vous avez forcément entendu quelque part sans savoir que c’étaient des Français. Puis enchaînez sur Rejoice. Vous verrez, c’est le genre de disque qui ne cherche pas à vous impressionner, juste à vous mettre de bonne humeur. Et par les temps qui courent, c’est déjà pas mal.
Crédit photo : Tahiti 80
