Daisy Edgar-Jones reprend Elinor Dashwood et dépoussière Jane Austen sans la trahir

Il fallait un certain culot pour retoucher à Raison et Sentiments. Le roman date de 1811, mais dans nos têtes il n’existe qu’une seule version, celle d’Ang Lee en 1995, avec Emma Thompson (qui rafla l’Oscar du scénario) et Kate Winslet. Trente ans plus tard, Georgia Oakley remet ça, et le résultat sort en salles ce 23 septembre.

L’histoire, vous la connaissez peut-être déjà. Un père meurt, sa veuve et ses trois filles se retrouvent quasi ruinées du jour au lendemain, et il va falloir se marier bien pour s’en sortir. Deux sœurs surtout. Elinor, l’aînée, qui garde tout à l’intérieur et ne montre jamais rien. Marianne, la cadette, qui vit ses émotions à cent à l’heure et tombe amoureuse comme on saute d’une falaise. La raison contre les sentiments, tout est dans le titre.

Dans le rôle d’Elinor, on retrouve Daisy Edgar-Jones, révélée par Normal People, et elle est franchement parfaite pour ça. Ce personnage tient sur la retenue, sur ce qu’on ne dit pas, et c’est exactement là qu’elle excelle. Face à elle, Esmé Creed-Miles apporte toute la fièvre nécessaire à Marianne. Caitriona Balfe, la Claire d’Outlander, joue la mère, et il y a même Fiona Shaw et George MacKay dans les parages.

Raison et Sentiments (Jane Austen)

Avant ou après la séance, le roman d’origine se relit très bien en poche.

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Derrière la caméra, Georgia Oakley n’est pas une inconnue. On lui doit Blue Jean, un premier film remarqué il y a quelques années. Le scénario est signé Diana Reid, et le tout est produit par Focus Features et Working Title, la même écurie que pas mal de comédies romantiques anglaises qu’on aime bien.

Ce qui change par rapport à Ang Lee ? La critique est plutôt d’accord là-dessus : c’est moins léché, moins carte postale, plus direct. Oakley regarde Austen avec un œil d’aujourd’hui, sans pour autant tout casser. Les costumes d’époque sont là, la campagne anglaise aussi, ceux qui viennent pour l’ambiance ne seront pas déçus. Mais le film s’intéresse surtout au lien entre les deux sœurs, à ce qui les oppose et à ce qui les tient debout ensemble.

Si vous aimez les drames en costumes qui ont un peu de tenue, ou juste si Jane Austen ne vous a jamais lâché, ça vaut clairement le détour. Et pour les autres, deux heures douze en bonne compagnie, franchement, on a vu pire pour un mercredi soir.

Crédit photo : Working Title / Focus Features