Interpol rentre enfin enregistrer à New York, la ville qui l’a vu naître, pour un huitième album
Interpol a sorti This Mirror Weighs a Ton, son huitième album, le 28 août 2026 chez Partisan Records. C’est leur premier disque depuis The Other Side of Make-Believe en 2022, et le premier pour ce nouveau label. Pour un groupe qui traîne l’étiquette de légende du post-punk new-yorkais depuis Turn on the Bright Lights en 2002, ça n’a rien d’anodin.
Le détail qui saute aux yeux, c’est le lieu. Pour la première fois depuis plus de dix ans, Paul Banks et sa bande ont enregistré un album complet à New York. Pas à Londres, pas dans un studio perdu au fond d’une vallée. En plein Lower East Side de Manhattan, chez le producteur Andrew Wyatt, avec un mixage confié à Dave Fridmann. Le genre de retour aux sources qui, sur le papier, sent la maturité retrouvée.
Douze titres. On y retrouve la signature du groupe : les guitares en lignes acérées, la basse qui roule dans les basses fréquences, la voix grave et un peu détachée de Banks. Rien de révolutionnaire, et c’est très bien comme ça. Interpol fait du Interpol, mais avec une clarté et un relief qu’on n’avait plus entendus depuis un moment. Les morceaux respirent, les mélodies accrochent sans forcer.
Le disque est dispo en CD et en vinyle si vous voulez le poser sur la platine :
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Côté coulisses, il y a du nouveau. Brad Truax, qui accompagnait le groupe sur scène depuis 2011 après le départ de Carlos D, a cette fois écrit et enregistré ses parties de basse en studio. Il devient membre officiel, tout comme le claviériste Brandon Curtis. Après des années passées à jouer les invités permanents, les deux entrent dans la maison. Ça peut sembler anecdotique, mais ça change la dynamique d’un trio qui tournait un peu en vase clos.
Faut-il pour autant crier au chef-d’œuvre ? Non. Personne ici ne réinvente le genre, et ceux qui attendaient une rupture resteront sur leur faim. Mais si vous avez aimé Antics ou Turn on the Bright Lights, si les nappes froides et les rythmiques tendues vous parlent, cet album coule tout seul. Un bon disque d’automne, à écouter casque sur les oreilles pendant une marche en ville, quand la lumière commence à tomber tôt.
Bref, un retour solide, sans esbroufe, d’un groupe qui a compris qu’il n’avait plus rien à prouver. Et ça se sent.
Crédit photo : Partisan Records
