La Fin d’Oak Street, le film où le réalisateur d’It Follows envoie des dinosaures ravager une banlieue américaine
Un couple au bord du divorce, deux ados qui font la tête à l’arrière, un pavillon comme il en existe des millions. Puis un flash lumineux en pleine nuit, et le quartier se réveille ailleurs. Plus d’eau, plus d’électricité, et des velociraptors qui sortent des buissons. Voilà le pitch de La Fin d’Oak Street, sorti dans nos salles à la mi-août.
Ce qui rend l’affaire intéressante, c’est le nom au générique. Derrière la caméra, on retrouve David Robert Mitchell, celui d’It Follows, ce petit film d’horreur devenu culte, et de Under the Silver Lake, son polar hanté qui s’était vautré au box-office. Un cinéaste d’auteur, jusqu’ici habitué aux budgets serrés, à qui Warner et J.J. Abrams confient d’un coup 85 millions de dollars et un blockbuster grand public. Le grand écart.
La famille Platt, c’est Anne Hathaway et Ewan McGregor en parents qui se déchirent, avec Maisy Stella et Christian Convery dans le rôle des enfants. Et donc des T-Rex, des spinosaures, des stégosaures. Sur le papier, ça ressemble à une commande de studio calibrée pour l’été. Sauf que Mitchell, apparemment, a réussi à y glisser sa patte : une comédie familiale, une fable écolo, un film de survie, le tout traversé d’une vraie mélancolie. Il l’a d’ailleurs dédié à son père disparu.
En attendant de juger son virage blockbuster, le film d’horreur qui a lancé David Robert Mitchell tient toujours du sans-faute.
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La presse, elle, hésite. La moyenne tourne autour de 3 sur 5, ce qui veut dire un film qui divise plutôt qu’il ne rassemble. Certains saluent l’audace d’un cinéaste qui refuse de rentrer dans le rang même avec un chèque énorme, d’autres trouvent que le monstre du film à gros budget finit toujours par avaler l’auteur. En 1h40, forcément, il faut choisir ses combats.
Mon conseil ? Si vous cherchez un blockbuster qui débranche le cerveau, celui-là risque de vous frustrer, parce qu’il pense trop. Et si vous venez pour le film d’auteur, les dinosaures vont parfois vous couper dans votre élan. C’est un objet bâtard, et c’est justement ce qui le rend curieux. Un divorce filmé pendant l’apocalypse, avec un raptor qui rôde dans le jardin, on n’en voit pas tous les étés. À tenter en famille si les ados n’ont pas trop peur, ou en solo si vous aimez quand un réalisateur essaie un truc à contre-emploi.
Crédit photo : Warner Bros. Pictures
