Brandon Flowers plante The Killers à Vegas, part à Nashville et sort l’album country qu’on n’attendait pas
On connaissait le chanteur des Killers en costume à paillettes, la voix tendue vers le ciel des stades, prêt à faire chanter cinquante mille personnes sur « Mr. Brightside ». Sur « Thrasher », sorti le 21 août chez Island, il range tout ça au vestiaire. Guitares sèches, pedal steel qui pleure, harmonica : Brandon Flowers a filé à Nashville faire un disque de country, et c’est son premier album solo depuis plus de dix ans.
Le dernier, « The Desired Effect », datait de 2015. Autant dire une éternité à l’échelle d’un type qui n’avait jamais vraiment quitté le groupe. Là, il a posé ses valises au Historic RCA Studio A, le temple où Dolly Parton et les Everly Brothers ont enregistré, avec Shawn Everett et Jonathan Rado à la production. Deux gars qui savent capter une pièce sans la lisser.
Ce qui frappe, c’est d’où vient la matière. Flowers ne joue pas au cow-boy pour la pose. Il raconte l’Utah de son enfance, sa famille, les paysages secs de l’Ouest américain, et ça donne un disque autrement plus intime que ses grands refrains habituels. Il y a du David Rawlings à la guitare, Bruce Bouton à la pedal steel et Charlie McCoy à l’harmonica, c’est-à-dire des pointures qui traînent sur les classiques de Nashville depuis des décennies. On sent qu’il a voulu bien faire, pas juste plaquer un accent sur ses vieilles chansons.
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Les trois singles balisaient déjà le terrain : « Plans » en juin, « Paradise » en juillet, puis « Tiger’s Blood » début août. Rien de racoleur, plutôt des chansons qui prennent leur temps. Pour qui aime les Killers version stade, le choc peut surprendre. Pour qui a toujours trouvé Flowers meilleur quand il baisse d’un ton, c’est peut-être son meilleur truc depuis longtemps.
Et il ne s’arrête pas là. La tournée démarre le 28 août à Salt Lake City, chez lui forcément, et un deuxième disque solo est déjà annoncé pour l’an prochain. Le tout sans que The Killers ne soient enterrés, puisque le groupe planche en parallèle sur un nouvel album.
Bref, un chanteur de rock qui se met à la country, ça peut vite tourner au déguisement gênant. Ici ça sonne juste, parce que Flowers ne fait pas semblant : il rentre chez lui. À écouter tranquillement, un soir, sans attendre le tube qui fait sauter.
Crédit photo : Island Records
